dimanche 30 mai 2010

Le puits des histoires perdues

Jasper Fforde, Fleuve Noir 2006
Je termine cette fiche plus de 15 ans après lectures. 
Mon carnet ne comprend malheureusement aucune note. 

Même poursuivie par une multinationale qui a juré sa perte, la star des détectives littéraires a droit à un congé maternité ! Pour Thursday Next, ce sera un séjour secret dans un mauvais thriller, un de ceux qui croupissent au fond du Puits des Histoires perdues. Ici, sous l'oeil de la toute-puissante Jurifiction, on recycle les livres de seconde zone comme les classiques oubliés de la littérature, on pioche un personnage par là pour le remettre ailleurs, on réduit le texte en mots quand il n'y a plus d'espoir. Mais très vite, Thursday doit quitter sa planque. Le Minotaure s'est échappé, semant la pagaille dans le Monde des Livres.... «Dans la lignée de Lewis Carroll et de Terry Pratchett, Fforde continue de construire la plus délectable des fantaisies érudites, farcie de références admiratives et moqueuses à la littérature en général, et aux lettres britanniques en particulier.». Sophie Bourdais, Télérama.

jeudi 27 mai 2010

La promesse

Hubert Mingarelli, Seuil 2009
Même 15 ans plus tard, je "ressens" la beauté de ce livre. 
Cet auteur est incomparable. Sa façon de nous faire entrer dans le coeur de ses personnages est unique. 

Naviguer sur un lac peut réserver des émotions tellement particulières qu’il est impossible de les partager avec qui que ce soit. D’habitude, Fedia emmène son fils avec lui, mais cette fois non. Et pourtant, Fedia ne cessera de penser à lui. Aux paroles qu’il va devoir trouver pour lui dire ses intentions, ce qu’il était parti faire sur l’eau ce jour-là. Dans le fond de sa poche, une petite boîte en carton fermée par un élastique. Le chagrin est dépassé, du moins le croit-il. La nuit s’avance, la rivière a remplacé le lac, et Fedia continue de frapper avec ses avirons la surface baignée de lune. Il était une fois deux âmes en perdition. Deux jeunes matelots qui s’étaient fait une promesse.

vendredi 21 mai 2010

Là où ça mord

Martin Thibault, Éditions Trois-Pistoles 2004.

Il se dégage de ce roman une ambiance constante de malaise. En même temps, la beauté de la nature humaine y flotte comme un filet de brouillard. Poétique, oui. 

Un home fait un retour dans son village natal pour retrouver les racines d'un mal qui fait surface depuis la naissance de sa fille.

Secrets de famille, enfant incompris, village rural où les erreurs du passé sont étouffées. 

J'avoue avoir peiné à finir la lecture. Des longueurs et un rythme un peu trop lent pour moi. Mais le style d'écriture m'a gardé jusqu'à la fin. 

dimanche 16 mai 2010

Confidences en trompe-l'oeil

Guy Mouton, Québec Amérique 2010.

Premier roman de l'auteur. 
Un ex-détenu travaille maintenant comme gardien dans un musée. De sa vie d'avant l'incarcération, il ne reste rien. Son épouse a demandé le divorce et il n'a jamais pu revoir sa fille. Seul son frère a gardé le contact. Un médecin remet en question sa vie avec celle pour qui il a quitté sa femme. Une artiste se retrouve enceinte et ne peut se résoudre à l'avortement. Et... le personnage dans une toile du musée qui a conscience de leurs pensées et émotions. 

Scénarios et dialogues intérieurs parfois simplistes et naïfs, certains personnages inconstants... mais une belle histoire, avec beaucoup d'humanité.

Trois personnages, étrangers l’un à l’autre, cherchent désespérément à sortir de la fâcheuse posture dans laquelle ils se trouvent. Tout à fait par hasard, ils se retrouvent dans la salle d’un musée, face à une toile de Van Dyck faisant partie d’une exposition. Grâce à l’énigmatique personnage de ce tableau du XVIIe siècle, le lecteur connaîtra les pensées intimes qui animent chacun d’eux. D’une dimension de vie et de temps à une autre, ce témoin les perçoit, les écoute et parfois, projette une courte pensée qui atteint certains de ces visiteurs. Où serait-ce le fruit de leur imagination ?

mercredi 12 mai 2010

Viser les cygnes

Hella S. Hasse, Actes Sud / Léméac 2002

Récit. La généalogie de l'auteur sous forme de petites histoires sur ses ancêtres. Je m'y suis perdue, ne reconnaissant pas facilement les noms. Des déductions et des faits s'y mélangent. L'originalité est d'être parti de ce petit carnet de bal qui portait un cygne. J'avoue m'être forcée pour le terminer. Je n'ai pas retenu chand chose mais c'était poétique. 

Un carnet de bal transmis de mère en fille est pour Hella S. Haasse le point de départ d'une plongée dans sa mémoire. Mais en évoquant ses deux grand-mères, ou d'autres membres de son arbre généalogique, c'est finalement son "art poétique" qu'elle dévoile, dans un récit émaillé de clins d'œil à son univers romanesque. Car sous nos yeux les souvenirs ou anecdotes de la réalité familiale se redéploient spontanément dans une brève et brillante fiction mettant en scène un jeune Australien qui vient de perdre son grand-père : en quête de racines, qu'il a rêvées aborigènes, il part faire une longue marche dans le bush.

Au gré de ses réminiscences, selon un fil directeur qui a pour emblème le cygne, l'écrivain interroge la part d'héritage collectif présidant à la formation de chaque individu, et la persistance du passé dont se nourrit secrètement chaque destinée humaine.

samedi 8 mai 2010

La maison aux papillons noirs

Leena Lander, Actes Sud 1995.

Superbe. Un garçcon est placé dans un centre d'éducation pour délinquants situé sur une île. Le directeur y fait régner une discipline rigide mais il a aussi une façon visionnaire d'éduquer ces durs èa cuire. Il décide de faire l'élevage de vers à soie. Au début du roman, on apprend déjà la mort de la vachère... Tranquillement, au fil des aller-retour dans le temps, les morceaux sont recollés. Ce n'est pas une enquête policière mais les indices se dévoilent comme dans un roman policier.

Impressionnant. Société, désir, vocation, culpabilité, rôles parentaux, secrets, trahisons, instinct de survie. Tout y est. Magnifiquement construit. 

Né dans une famille "à problèmes", Juhani grandit dans un centre d'éducation pour enfants délinquants sur l'île de Saari. Brutal, le directeur y fait régner la terreur. Utopique, il tente de transformer son domaine en jardin tropical, élevant des vers à soie dans l'espoir de splendides éclosions, symboles d'une possible rédemption…

Juhani se soumet à ce projet délirant et partage les fantasmes de tous à l'égard de la femme et des cinq filles du maître des lieux. Mais quand les papillons éclosent, ils sont frappés de mélanisme… Alors les passions se déchaînent jusqu'à la catastrophe.

Leena Lander raconte cette histoire de tyrannie, de désir, de culpabilité et de malédiction avec l'efficacité des maîtres du thriller.

dimanche 2 mai 2010

Comme si de rien n'était

Mazime Collins, Transit 2010. Son premier roman. Je l'ai peut-être déjà dit - et je le redirai certainement : j'aime lire un premier roman.

Quatre personnages - des mais d'enfance - racontent chacun le mois qui précède le rendez-vous de leurs retrouvailles à Montréal. Chacun s'efforce de recomposer un masque pour faire comme si de rien n'était, comme s'ils avaient réussi chacun de leur côté à vivre leurs rêves et ambitions... et surtout comme s'ils n'avaient pas changé.

Structure très intéressante, un style personnel qui promet. Profondeur étonnante. À dévorer certainement. Auteur à surveiller !

Le blogue de Maxime Collins
Fiche du roman chez l'éditeur

mercredi 28 avril 2010

Des petits fruits rouges

Yolande Villemaire, Éditions XYZ 2001. Difficulté à commencer, continuer et terminer ce livre. Nombreuses fois, faillit l'abandonner. Mais une certaine poésie me faisait tenir. Je zappais parfois les rêves pour continuer l'histoire plus loin... Je sais, c'est bête de ma part mais c'était trop lent.

Une professeure de littérature et communications au cégep, de retour d'un burn out, cherche à retrouver l'équilibre et recomposer sa vie revisitant le passé, sa famille, ses ex dans ses rêves et réflexions.

Belle profondeur et justesse des émotions quand même.

Fiche du roman chez l'éditeur
Yolande Villemaire sur wikipédia

jeudi 22 avril 2010

Mon cas personnel

Ilan Duran Cohen, Actes Sud, 1996. Alain Conlang, auteur d’une méthode pour survivre à une séparation devient un genre de guru pour sa clientèle. Pourtant, c’est un homme fragile qui ne supporte pas mieux l’abandon que nous tous... Personnages attachants. Intrigue parfois en longueur. Liens familiaux, séparations et deuils. Recherche d’équilibre et responsabilité dans sa vie et celle des autres. Attachant. Mais ce n'est pas un style que je rechercherais.

Sommaire (source : Amazon) :
Alain Conlang est un anonyme dans la foule. Fils de parfumeur, fleurant le "sent-bon", il était surnommé "le pédé" par ses petits camarades de classe. Loin de le blesser, ce surnom aux sonorités proches de pépé et de bébé lui plaisait beaucoup ! Devenu homosexuel, il sourit à ce souvenir. Aujourd'hui, il est l'inventeur d'une "méthode" (qui porte son nom), permettant de remonter des abîmes tous les délaissés qu'une histoire d'amour a jeté sur le carreau. Rien de bien lucratif mais c'est là quelque chose qui l'occupe quand il ne partage pas son temps avec Hervé, son ex-directeur des ressources humaines, qui l'a flanqué à la porte pour mieux l'avoir sous sa couette ! Un temps qu'il vit aussi avec Nathalie, féministe engagée avec laquelle il a signé un contrat de… géniteur, en tant qu'indispensable gamète ! Sans oublier ses parents, gentil couple vieillissant, traînant son Alzheimer, pour lesquels il a balisé l'appartement ! En somme, une joyeuse ménagerie incohérente autour d'un homme fragile franchement singulier, en quête d'amour, hanté par l'abandon.-Céline Darner

Lien:
Ilan Duran Cohen sur Wikipédia.

samedi 17 avril 2010

Les mémoires du docteur Wilkinson

Vincent Thibault, Pleine Lune, 2010. Nouvelles. Très divertissant. Écriture souple, poétique, précise. Un médecin de campagne joue un genre de ‘’Watson’’ dans son village, élucidant différents mystères. Humour, psychologie, humanisme. Très fort pour un si jeune homme! J’ai adoré cette lecture.

Liens :
Sommaire chez l'éditeur
Site web de l'auteur

lundi 12 avril 2010

Les routes de l'imaginaire

Hella S. Haasse, Actes Sud 1996. Un mois de séjour sur la Côte d’Azur contre une rubrique (qu’il n’a pas envie d’écrire) dans un magazine. En route, un camionneur dépanne la famille... et raconte à Maya ses histoires fascinantes. Une fois à la villa, une intrigue avec les serviteurs de la maison se développe. Il y a aussi le couple qui passe un moment difficile, une distance.... Autre intrigue avec un poète inconnu que Klaas essaie presque avec obsession, de retracer.

Très belle structure avec la superposition de plusieurs intrigues. Style en finesse et personnages développés. Beau dénouement pour les histoires de Joop mais un peu facile quant aux serviteurs !

Liens :

jeudi 8 avril 2010

Locataires et sous-locataires

Hella S. Haasse, Actes Sud – Léméac, 1999. Excellente composition, structure forte et particulièrement habile.

Un fonctionnaire ‘mythomane’ et sa femme un peu simple d’esprit s’occupent d’une maison. Les sous-locataires sont : une femme divorcée qui monte une escroquerie, un professeur idéaliste (et son petit club de la révolution) et une étudiante discrète. Une intrigue subtile et un développement des personnages fait avec finesse.

Quatrième de couverture :
Un fonctionnaire mythomane, une divorcée aux dents longues qui escroque le club féminin dont elle assure la trésorerie, un professeur idéaliste trop influençable, une jeune étudiante qui prépare un roman historique - telles sont les principales marionnettes de cette fantaisie policière en huis clos dont le dénouement dévoilera les maîtres d'oeuvre, ceux qui, dans l'ombre, tirent les ficelles et détournent le cours du hasard. Pour explorer ces personnages disparates, révéler leurs secrets, leurs obsessions et leurs vices, Hella S. Haasse combine l'étude de moeurs, le roman noir, la parodie. L'enquête, en effet, est avant tout prétexte à une réflexion sur la création... Et la morale cynique affirme avec humour que les vies imaginaires sont dangereuses parfois, vaines toujours.

Lien : Hella S. Haasse sur Wikipédia

samedi 3 avril 2010

L'Innocence

Tracy Chevalier, Harper Collins, 2007. Londres 1792. Une fresque historique. J’aime bien les romans historiques de temps en temps et Tracy Chevalier s’y prend à merveille (La dame à la licorne, La jeune fille à la perle).

La famille Kellaway déménage à Londres sur l’invitation de Philippe Astley, directeur de cirque. Commence alors pour cette famille rurale une initiation à la vie londonienne. Le voisin, William Blake (!), graveur et poète, accompagne les jeunes dans le passage de ‘l’innocence à l’expérience’. Une lecture légère, une belle évasion.

Liens:
Tracy Chevalier sur Wikipédia
Résumé intéressant au Club des Rats de Biblio.net

samedi 27 mars 2010

Maléficium

Martine Desjardins, Alto, 2009. Une série de courtes histoires – des confessions – chacune relatant un maléfice, toujours féminin. À fin, la clé est livrée. Celle de cette déformation buccale – seul fil conducteur jusque là. Amusant, souvent étrange, parfois érotique, certainement exotique. Belle lecture si j'ose dire !

Extrait du quatrième couvert :
Pardonnez à ces sept hommes victimes d’étranges maléfices, venus chercher dans le confessionnal une oreille attentive au récit de leur infortune et implorer le salut de leur âme souillée par la curiosité et la faiblesse de la chair. Pardonnez aussi à cette femme calomniée, emmurée dans un cruel silence, car elle sait bien ce qu’elle a fait. Pardonnez enfin à l’homme de Dieu qui a recueilli leurs aveux et brisé le sceau de la confession en les transcrivant dans un ouvrage impie.
Voir la fiche du livre chez Atlo.

mercredi 24 mars 2010

Siegfried - Une idylle noire

Harry Mulisch, Gallimard, 2003. Wow... Si Hitler avait un fils ? Un texte ficelé avec finesse, intelligence et érudition. Une réflexion sur l’histoire et le mal, avec une trame définitivement philosophique. Un périple fascinant raconté avec brio. À dévorer.

Quatrième de couverture :
Comment appréhender Hitler? La fiction seule peut-elle nous aider à comprendre cette énigme du mal absolu, comme l'affirme le grand romancier Rudolf Herter lors d'une interview à la télévision autrichienne? Quand Julia et Ullrich Falk le contactent après avoir entendu ses propos, et lui révèlent qu'ils ont élevé le fils du Führer et d'Eva Braun, ses convictions vacillent. Car les Falk ont été domestiques au Berghof, le refuge bavarois de Hitler, et lui font le récit non seulement de la vie quotidienne dans l'entourage de Hitler, mais surtout des circonstances dans lesquelles ils se sont attachés au petit Siegfried, jusqu'à ce qu'un ordre venu de Berlin leur demande l'inimaginable. Ce lourd secret qu'ils ont gardé toute leur vie, ils le confient maintenant à Herter. Complètement abasourdi, entre fiction et réalité, ce dernier cherche une réponse...

Lien :
Harry Mulisch sur Wikipédia.

Je ne connaissais pas cet auteur avant cette lecture. Si j'ai le bonheur de croiser un autre de ses écrits, je n'hésiterai pas une seconde !

samedi 20 mars 2010

Après le tremblement de terre

Haruki Murakami, 10-18, 2002. Petites histoires qui ont comme fil commun le tremblement de terre à Kobe en 1995. Tous les personnages ont vécu l’événement à distance mais il a quand même eu un impact dans leur vie. Une écriture fluide, des trames mystérieuses, des personnages (sans liens entre-eux) de milieux différents (âge ou rang social) mais tous développés avec profondeur comme seuls les auteurs japonais savent le faire... Une très belle lecture.

Quartième de couverture :
Japon, 1995. Un terrible tremblement de terre survient à Kobe. Cette catastrophe, comme un écho des séismes intérieurs de chacun, est le lien qui unit les personnages de tous âges, de toutes conditions, toujours attachants, décrits ici par Haruki Murakami. Qu'advient-il d'eux, après le chaos ? Séparations, retrouvailles, découverte de soi, prise de conscience de la nécessité de vivre dans l'instant. Les réactions sont diverses, imprévisibles, parfois burlesques... Reste que l'art de Murakami est de montrer, avec modernité et délicatesse, la part d'ombre existant derrière les choses et les êtres, invitant le lecteur à y déceler le reflet de ce qu'il porte en lui-même.

Liens:
Bon résumé, plus étoffé que le mien : cafardcosmique.com
Et Haruki Murakami sur Wikipédia

vendredi 19 mars 2010

Bestiaire

Éric Dupont, Marchand de Feuilles, 2008. Super trippant ! Une expérience ! L’épopée d’une enfance dans une famille éclatée. Déménagements (Rivière-du-Loup, Matane, Saint-Ulric), édits bizarres de la ‘cour du roi Henri VIII’ (trop crampant cette façon de parler du père et sa famille). Chaque chapitre est lié à un animal qui lui, est lié à un souvenir précis autour duquel gravite une période de vie... chat, vacher à tête brune, bigorneau, chien, poules, grand duc. Et toujours Micheline Raymond, cuisinière de métier...

Une écriture à la fois poétique et piquante. Génial. ‘La rancœur est un vin inodore et sans goût qui tue lentement... Nous en prenions à tous les repas, dans le lait qui servait à tremper les biscuits après avoir mastiqué en silence un repas en compagnie du roi et de la reine.’ (page 74)

Résumé de l'éditeur :
Un après-midi de1976, Nadia Comaneci, gymnaste affamée, remporte la note parfaite aux Olympiques de Montréal. Ainsi commence le voyage de toute une génération. Eric Dupont, devant son poste de télé à 450 kilomètres de là est obnubilé par cette prestation.

Né d'un père agent de police qui aura six femmes et d'une mère cuisinière de métier, il sera élevé dans les règles les plus strictes du patriotisme québécois. Envoyés à l'école épinglés d'une fleur de lys dans un comté fédéraliste, obligés de boycotter les chocolats Cadbury dont la très convoitée Caramilk car leurs usines avaient été déménagées à Toronto, prononçant le nom de René Lévesque comme celui d'un Dieu, Eric et sa sœur deviennent de petits combattants malgré eux. Lire la suite...

mercredi 17 mars 2010

Mort In Vitro

Martin Winckler, Fleuve Noir, 2003. L’auteur est médecin. Ça m’a intriguée. Roman policier avec une intrigue médicale et pharmaceutique. Les personnages sont bien campés. Rythme et construction solides. L’histoire est crédible (s’inspire de faits réels!). Écriture intelligente, lecture agréable.

Résumé de l’auteur :
(Source : martinwinckler.com)
A travers la mort suspecte de plusieurs de ses patientes, un jeune médecin enquête sur les abus d’un laboratoire pharmaceutique et sur le fonctionnement des autorisations de mise sur le marché d’un médicament.

Tourmens, grande ville du centre de la France. Une jeune femme, pourtant en pleine santé, meurt d’une complication rare de sa grossesse. Charly Lhombre, médecin généraliste et légiste en formation, n’arrive pas à croire qu’il s’agit d’un coup du hasard. En recherchant les causes du décès de la jeune femme, il découvre plusieurs autres décès suspects dans la clientèle d’un gynécologue spécialisé dans la procréation médicalement assistée...

Au même moment, Jean Watteau, juge d’instruction, enquête sur la mort bizarre d’un professeur de pharmacologie au cours d’un accident de la circulation... Pendant que Lhombre et Watteau se lancent à la recherche de la vérité, une grande multinationale du médicament manipule patiemment - dans le monde des affaires, les commissions d’experts et les médias - les pions qui lui permettront de dominer un marché en pleine expansion...

S’inspirant de faits authentiques, Mort in vitro met au jour les relations ambiguës qui lient l’industrie pharmaceutique au monde médical -aux dépens, parfois, de la vie des individus.

Liens:
Bibliographie sur martinwinckler.com
Biographie, Martin Winckler sur Wikipédia

lundi 15 mars 2010

Unless

Hélène Monette, Boréal, 1995. Unless, c’est son surnom. Elle est le pivot d’une famille brisée par la tragédie. Chacun s’en sort comme il peut. Au fond des folies, un amour filial très fort.

Unless s’arrache une paie comme livreur de courrier à vélo. En amour avec son voisin de palier (Sherpa). Autour d’elle, son frère (Chut) suicidaire, une grande sœur (Milou) qui court les modes de guérison spirituelle, et une petite sœur (Red) qui verse dans la toximanie. Un père aussi mais il fuit lui aussi à sa manière. Texte original et rythmé. C’était ‘ok’.

Mot de l’éditeur :
Dans le monde en marche, dans la ferveur sans motif, autour du sourire de la misère, dans l’auréole des colères, au bord de l’inacceptable, il y a Unless. Une fleur aux mains coupées. Deux pétales, un cœur pompier, un cerveau carreauté. Involontaire pour empiler les cadavres, mais mobilisée. Une enchaînée. Dans le jardin des clowns grimaçants. Dans la constellation du Faux. Sur la terre de Caïn. Ce n’est pas Maybe, ce n’est pas Perhaps, c’est Unless.

Autre résumé (moins obscur que la note de l'éditeur) :
Mon nom, Unless, est tout droit sorti d'un orgasme. Les mots de la baise. C'est en baisant avec Picot que le nom Unless était sorti du sac. Picot, le vagabond travailleur social que j'avais pris pour un ami et qui devint amant, le temps d'une saison sur le chômage et le ginseng. " Unless parcourt à bicyclette les rues de Montréal pour y distribuer du courrier. Elle a deux sœurs, un père et un amant. Sa mère est partie, son frère s'est suicidé. Des personnages qui se croisent. Un mélange de désespoir et de délicatesse où l'on ne juge pas. Une difficulté de vivre que chacun expérimente à sa manière. Il y a trois voix dans ce roman. " Milou ", la sœur aînée, " Unless ", et puis " Red ", la petite dernière qui, à quinze ans, est toujours en fugue, prend de la came, en deale un peu. Un voyage sans fard au cœur de l'humain.

vendredi 12 mars 2010

Noir Animal ou La Menace

Yann Queffélec, Bartillat, 1997. Ce n’est pas la première fois que je prends un roman dont l’histoire se déroule dans le monde des noirs en France. Mais c’est la première fois que je me rends au bout. Ghettos et exclusion... La culture me semble tellement étrangère que je peine habituellement à m’identifier aux personnages, à comprendre leurs motivations. Pas cette fois...

Un jeune noir est adopté par un couple à la retraite dont le fils unique va bientôt partir. Ce fils s’avère être un ‘nazi’ à la tête d’une bande qui sème la terreur dans les rues du quartier, sous le couvert d’une équipe de ‘sécurité’. Une fable sociale moderne : ‘le nègre contre skinhead’. Très bien ficelé. Une fin poétique.

Chez Critiques Libres, on dit : Un roman avec une prémisse de base intéressante. Charlie, un petit orphelin noir, a la chance d’être adopté par une famille de la banlieue parisienne et la malchance que celle-ci abrite en son sein un adolescent skinhead, admirateur d’Hitler. Bien sûr, le pauvre gosse est malmené, intimidé et doit se débrouiller tout seul puisque sa mère adoptive n’a d’amour que pour son fils naturel. Quant au père, il est totalement indifférent.

La cohabitation impossible donne lieu à de bons moments de sueurs froides. Surtout lors d’un incident clé alors que Charlie est attaché tout nu sur les rails d’un train par Eric le nazillon et sa bande. Toutefois, l’intensité diminue au fil des pages au lieu de s’accentuer.L’histoire aurait pu explorer la notion de différence ou les racines de l’intolérance, mais finalement elle se transforme en simple parcours initiatique où l’on espère que le héros triomphera dans l’adversité.


Voir aussi la fiche du livre chez l'éditeur Bartillat.

mercredi 10 mars 2010

Zombi

Joyce Carol Oates, Stock, 1997. AYOYE ! Tellement ‘fucké’ que j’avais honte de poursuivre la lecture. C’est le premier roman que je lis de cette auteure pourtant très prolifique (voir lien Wikipédia ci-dessous). Un malade – et ce, depuis sa tendre enfance – devient tueur en série en essayant de faire un zombi par lobotomie (avec un pic à glace). Il rate son coup chaque fois. Le lecteur est alors le témoin impuissant de l’évolution de son assurance en tant que prédateur...

Dérangé. Dérangeant. J’étais heureuse de finir !

Liens :

dimanche 7 mars 2010

Petites histoires avec un chat dedans (sauf une)

Véronique Papineau, Boréal, 2008 (nouvelles). Mmmm. Comme un sac de bonbons particulièrement raffinés. Pour un premier recueil, cette auteure nous en jette plein la gueule! Sublime lecture. Toujours un chat (sauf une!) mais rarement au premier plan; les félins dans ces nouvelles sont des témoins silencieux, un clin d’œil à l’observateur, le lecteur.

Ici la vie est une suite d’égratignures... des femmes, des hommes qui tentent tant bien que mal de garder un équilibre (ou de le retrouver). La folie intérieure, le masque de société, la quête de tendresse, de romance – qui se solde en déceptions ou trahisons. Toujours avec un revirement astucieux. Douze nouvelles dont la trame principale se tisse dans les relations (amoureuses, amicales, familiales) mais aussi dans le sentiment d’isolement que chacun porte en soi. Génial.

L’éditeur dit (source : Éditons Boréal) :
L’art de la légèreté. Le coup de griffe qu’on n’a pas vu venir, la caresse qui déchire, le don de toujours retomber sur ses pattes. Un écrivain qui écrit des nouvelles se doit de partager de nombreuses qualités avec le chat.

Dans ce premier livre, Véronique Papineau révèle une maîtrise hors pair. Qu’elle raconte l’histoire d’amants qui rompent par la poste, la solitude de la vie de bureau, la fugue de deux adolescents dans la grande ville, chacune de ces scènes de la vie contemporaine prend un relief inattendu. Rien ici de banal : tout comportement est soumis au regard de cette fine observatrice et raconté avec un ton unique qui fait les vrais écrivains.

Tout à fait d'accord. Une écrivaine à suivre !

vendredi 5 mars 2010

Les oriflammes noires

Gabriel-Pierre Ouellette, L’Hexagone, 1999. Étrange écriture. Toujours à la troisième personne. Ça donne ‘Le garçon aux lunettes marche...’ C’était dérangeant et lourd mais en même temps, c’est ce qui donnait le ton à l’histoire... elle aussi dérangeante et lourde. Tellement étrange que je ne suis pas certaine d’avoir saisi.

Transcription de la quatrième de couverture : Un garçon imagine être responsable de la noyade de son frère. Il s’invente alors une mère qui l’accable de reproches. Improvise un dialogue où elle le tourmente sans cesse... ‘Où est ton frère?’

Des ‘accidents’ parsèment la vie du garçon. Souvent, on ne sait plus si on est dans l’imaginaire du garçon ou dans la réalité. Étrange histoire. Complexe. Une lecture exigeante.

mardi 2 mars 2010

Les Soupes Célestes

Jacques Savoie, Fides 2005. Cool. Vraiment divertissant. Inspriant aussi. Une structure douce et coulante, comme une allégorie. Tout à fait réjouissant. Bourré d'humanité. Un mirroir sur notre société avec une note d'espoir. Le style redactionnel est plutôt simple, ça frise le roman jeunesse, mais j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman. Je pense qu'on pourrait en faire un film très intéressant ! C'est plein de rebondissements, mais ça reste bien ficellé jusqu'à la fin. Des moments tendres, des moments tristes, de l'humour à chaque tournant. Des personnages touchants qui deviennent comme une petite famille mentale pour le lecteur.

Résumé de l'éditeur (source : Fides)
Prenez deux frères aussi différents que l’on puisse imaginer, l’un fantasque, l’autre rangé. Ajoutez une bonne sœur qui n’est pas banale, une psy en mal d’affection, un sans-abri pourvu de quelques idées bien arrêtées sur l’économie, une mère qui s’encanaille, un notaire déconcerté, des millions de dollars qui vont et viennent, une joyeuse et solidaire famille de clochards. Mettez dans une grande casserole, assaisonnez d’humour et de nombreux rebondissements. Remuez le tout. Vous obtiendrez le plus réjouissant roman qui soit. Oscillant avec bonheur entre la comédie et le drame, il met de l’avant une version piquante de la justice sociale et invite à mettre bas les masques qui entravent les relations humaines. En prime, quelques recettes de soupes, bon marché, exotiques ou gastronomiques, si appétissantes, en somme, qu’elles en deviennent littéralement «célestes». À servir à tous les affamés d’amour, sans distinction.

Voir aussi : Jacques Savoie sur Wikipédia, une feuille de route étonnante.

mercredi 24 février 2010

Tristes Revanches

Yoko Ogawa, Actes Sud, 2004. Absolument délicieux. Onze nouvelles fascinantes reliées les unes aux autres par de petits détails. Une écriture fluide, une touche de fantastique, de subtiles allusions qui glissent d’un récit à l’autre, pas nécessairement de façon linéaire ou même ordonnée. Comme la vie – des circonvolutions gracieuses et empreintes de symbolismes profonds. FASCINANT. À lire et relire !

L’éditeur dit :
À travers ces nouvelles, des femmes, des enfants et même des... légumes se répondent, reviennent et entremêlent leurs destins pour enfin révéler le personnage de ce livre : l'écrivain et son pouvoir. (Actes Sud)

Voir aussi:
Ce blog où on retrouve un petit résumé de chaque nouvelle et même un répertoire des liens tissés entre ces novuelles : yokoogawa.blogspot.com

vendredi 19 février 2010

Kitchen

Banana Yoshimoto, Gallimard, 1994. Je dois avouer que j'ai été un peu déçue de ce roman. Je n'y ai pas retrouvé l'atmosphère floue et brumeuse que j'apprécie tant chez les auteurs japonais. En fait, j'avais l'impression de lire un roman d'amour qui aurait pu tout aussi bien se dérouler en Europe ! Cela dit, c'était quand même une forte lecture. J'ai tout de même retrouvé la profondeur tridimentionnelle des personnages, les explorations intérieures, qu'on rencontre dans les romans japonais. Tout à fait exquis. Kitchen est suivi d'un autre récit, Pleine Lune, teinté de mysticisme, d'amour et de tragédie.

Résumé de l'éditeur :
Que faire à vingt ans, après la mort d'une grand-mère, quand on se retrouve sans famille et qu'on aime les cuisines plus que tout au monde ? Se pelotonner contre le frigo, chercher dans son ronronnement un prélude au sommeil, un remède à la solitude. Cette vie semi-végétative de Mikage, l'héroïne de Kitchen, est un jour troublée par un garçon, Yûichi Tanabe, qui l'invite à partager l'appartement où il loge avec sa mère. Mikage s'installe donc en parasite chez les Tanabe : tombée instantanément amoureuse de leur magnifique cuisine, elle est aussi séduite par Eriko, la «mère» de Yûichi Eriko, personnage ambigu et pur, transsexuel à la beauté éblouissante, qui, traversant le récit comme un soleil éphémère, va bientôt mourir à son tour de mort violente... Banana Yoshimoto révèle dans Kitchen, à travers une sorte de «minimalisme flou», une sensibilité nourrie de paradoxes, une sensibilité dans laquelle toute une génération de jeunes Japonais s'est reconnue.

Voir aussi : Biographie-résumé-analyse préparé par un étudiant du profil Lettres, du Cégep Marie-Victorin que je trouve pertinent.

jeudi 11 février 2010

La Solitude des Nombres Premiers

Paolo Giordano, Seuil, 2009. Je lis sur la couverture que l'auteur est physicien... ça promet !!! Une superbe histoire. Des êtres brisés par la vie mais surdoués pour la survie.

Résumé (source : Critiques Libres)
Le livre est l'histoire croisée de deux enfants traumatisés par un accident. Alice était forcée par son père de s'entrainer pour faire du ski de compétition, mais elle détestait ça et suite à une chute elle est devenue boiteuse. Matthias, lui, a perdu sa soeur jumelle handicapée alors qu'il l'avait abandonnée sans surveillance. Les deux enfants survivent tant bien que mal à ce traumatisme; Matthias a trouvé refuge dans les mathématiques, et Alice dans l'anorexie.

Deux vies enroulées l'une sur l'autre. Structure forte, beau rythme, profondeur étonnante pour un si jeune auteur.

Fiche de ce titre chez l'éditeur.

mercredi 3 février 2010

L'Évocation

Martine Desjardins, Léméac, 2005. Structure exceptionnelle pour une histoire complexe. Une mine de sel - une histoire d'amour, de déception, de rancune, de passion, de famille et ses secrets. La vengeance ultime qui se retourne contre soi. Chacun sa vision du passé. Mais personne n'a raison, personne n'a tort. Des vies criblées de légendes et coutumes sociales étouffantes.

Résumé (Source : Voir)
Héritière d'un domaine isolé du comté de Bellechasse, Lily McEvoy voue un véritable culte au sel d'Armagh, réputé pour ses vertus mnémoniques et dont elle possède la seule mine. Un jour, Lily convoque à souper maître Anselme, un tailleur de pierre qu'elle a engagé pour sculpter le monument funéraire de sa famille. Elle déversera contre l'artiste l'amertume accumulée de toute une vie, révélant des secrets de famille qui remontent au mariage de son père, officier du temps de la Conquête, et de sa mère, étrange "fille du fleuve" aux pieds palmés.

lundi 25 janvier 2010

Les Carnets de Douglas

Christine Eddie, Éditions Alto, 2007. WOW. Vraiment superbe. Puissante histoire d'amour et de résilience. Deux jeunes quittent (fuient) leur village en même temps... mais ils ne se connaissent pas encore. Ils se retrouvent tous les deux dans le village très isolé, Rivière-aux-Oies. Beauté de la nature et de la musique. L'émotion pure des gens au caractère singulier et au passé marqué de rouge. Naissance d'une fille, et sa famille improvisée - le docteur et l'institutrice. Des gens qui acceptent le destin pénible et en font même la source de leur bonheur. Une plume exceptionnellement poétique. Une structure très originale, un rythme harmonieux. Style unique.

Quatrième de couverture (Édtions Alto) :
Le même jour, deux adolescents parviennent à fuir un destin qui les aurait emmurés. Ils se trouvent, deux ans plus tard, à Rivière-aux-Oies, un village beaucoup trop discret pour figurer sur une carte. Au cœur de la nature généreuse et sauvage, ils s’aiment, à l’abri des rugissements du vingtième siècle. Jusqu’à ce que la vie, comme d’habitude, fasse des siennes.

Les années passent, Rivière-aux-Oies se métamorphose avec, en arrière-plan, une révolution à peine tranquille et le saccage des bétonnières. Une famille singulière s’improvise, malgré les ragots et en dépit des blessures. Dans la maison du docteur, les liens se tissent avec tendresse. Un médecin au cœur rafistolé, une institutrice au nom imprononçable et une enfant surgie des bois vont peut-être permettre à Douglas d’entendre enfin la réponse du vent.

Une passion comme au cinéma, qui se déploie à l’ombre d’un arbre, d’une clarinette et de la beauté fragile du monde. »

samedi 23 janvier 2010

Asphalte et Vodka

Michel Vézina, Québec-Amérique, 2005. Deux musiciens qui se sont connus en travaillant sur un navire de croisière. Jean accepte de ramener Carl dans son village natal en Gaspésie. Le passé chaotique de Carl le rattrape, la dépendance à la drogue s'intensifie. Super 'road novel'. Une histoire d'amitié et de vie. Une fin un peu décevante et mal ficellée quant à moi. Mais une lecture tout à fait divertissante quand même. Une certaine réflexion sur le bonheur.

Quatrième de couverture (Québec-Amérique)
Jean et Carl se rencontrent sur le Queen of the Caribeans. Les deux sont trompettistes, les deux sont québécois. Le premier a 35 ans et tous les ans il se refait sur une croisière. Le second a 75 ans et il achève sa carrière, atteint de tout un tas de maladies respiratoires. La nuit du dernier bal, Carl évoque le désir, avant de mourir, de revoir son village gaspésien natal, quitté 60 ans plus tôt. Jean, un peu saoul et naturellement exubérant, lui propose de l'y emmener. Carl accepte, en échange de quoi il promet de donner son vieux station à Jean une fois arrivé à destination. Une véritable épopée débute pour les deux musiciens. Après un court arrêt en Louisiane, où Carl fait visiter sa roulotte à Jean dans l'arrière-cour d'un manoir ayant servi de haut lieu de revues vodou, ils prennent enfin la route vers le nord, vers le paradis, vers St. Louis d'Gaspe peninsula. La première nuit, ils s'arrêtent dans un parking de bar de campagne. Ils y rencontrent un sosie d'Elvis qui les saoule pour mieux leur voler tout leur argent et toute leur dope. Le reste du voyage se fera dans la douleur et la recherche d'argent pour manger, dormir et subvenir aux besoins en opiacés du vieux Carl...De New York à Matapedia en passant par Montréal, Trois-Pistoles et Rimouski, les deux trompettistes se raconteront les rêves qui les gardent en vie. Amour, route, drogue et rock'n roll...

mercredi 20 janvier 2010

Addition

Toni Jordan, Éditions Alto, 2009. Un premier roman d'une auteure autralienne. 'Premier roman' est une inscription qui m'incite toujours à prendre... encore cette fois, c'était une excellente décision ! Une jeune femme qui compte tout. Vraiment tout. Les chiffres régissent sa vie. Obsession compulsive. Mais on s'attache rapidement à cette femme à la fois intelligente et 'folle'. Elle rencontre un homme et accepte de se faire 'soigner'... mais son traitement fait d'elle une loque humaine, l'ombre d'elle-même. Une très belle histoire, sur la différence, la tolérance, l'amour et la famille.

Quatrième de couverture (source : Éditions Alto)
Grace Lisa Vandenburg (19 lettres) compte. Tout. Tout le temps. Les pas qui la mènent au café, les graines de pavot sur son gâteau et le nombre de bouchées nécessaires pour en venir à bout, autant de nombres ordonnant son existence de célibataire réglée comme du papier à musique. Son unique coup de foudre : Nikola Tesla, inventeur aussi génial qu’obscur, mort depuis plus de soixante ans, qui nourrit ses fantasmes et lui semble seul à même de comprendre sa fascination pour la rassurante quiétude des additions.

Entre en scène un bel étranger : Seamus Joseph O’Reilly (un autre 19) qui, ô miracle, ne se laisse pas rebuter par ses manies. Un dilemme ne tarde pas à s’imposer à elle : les nombres ou la vie? Pour préserver leur fragile idylle, Grace entame une thérapie surréelle grâce à – ou plus exactement malgré – laquelle elle finira par découvrir ce qui compte vraiment.

Variation à la fois pétillante et doucement cynique sur les thèmes de l’amour et de la différence entre les êtres, Addition, premier roman de l’Australienne Toni Jordan, présenté ici dans un harmonieux format carré, compte 376 pages, 69 796 mots et 398 926 caractères.

Intriguant, non ?

dimanche 17 janvier 2010

Le Peignoir

Suzanne Myre, Marchand de Feuilles, 2005. Nouvelles. Divertissant et vraiment drôle. Un personnage principal qui revient dans chaque nouvelle. Une jeune femme, artiste - personnalité originale et plutôt insécure. Suzanne Myre raconte des relations qui nous aident à accepter nos propres petites folies.

Résumé (source : suzannemyre.com)
Une massothérapeute prêche pour l'abstinence télévisuelle, l'absorption de graines de lin et de lait de soya, mais se nourrit pour sa part presque exclusivement de maïs soufflé rose et de Télé-Hebdo. L'alter ego de l'auteure, souffrant d'un acouphène sous forme de klaxon de déneigeuse, se retrouve seul dans un chalet à chercher le vain silence. Dans une nouvelle " grattez et sentez ", une jeune fille qui travaille dans un hôpital flirte gentiment, malgré ses attaches, avec un autre employé qui se parfume avec de la racine de gingembre, aphrodisiaque prouvé. Dans " Tendres tendons ", la narratrice peste contre le vélo elliptique de son copain en le qualifiant de " monstrueux, inutile, arrogant, anti-décoratif, anti-Feng-Shui, anti-érotique, support à poussière ", avant de l'enfourcher et de se déchirer le tendon d'Achille. Le père, grand absent devant l'éternel, joue un rôle important dans certaines nouvelles : une petite fille le projette temporairement dans le personnage de Bobino, tandis qu'une autre choisit de fréquenter un homme qui a deux fois son âge. Les carences de la figure du père sont traitées avec l'humour souverain de Myre, une des rares écrivaines satiristes au Québec.

vendredi 15 janvier 2010

Chercher le vent

Guillaume Vigneault, Boréal, 2001. J’avais lu - avec plaisir - son premier roman Carnets de naufrage. J'ai encore retrouvé cette écriture poétique tout à fait délicieuse et la profondeur remarquable des personnages. Vraiment un très beau roman.

Un pilote de brousse et photographe... Son ami maniaco-dépressif. Un voyage sans autre but que l’effet thérapeutique contre une peine d’amour qui n’en finit plus. Puis ajoutez Nuna l’autostoppeuse excentrique. On fera un long détour, très long détour pour revenir aux sources et accepter la vie comme elle se présente. Sublime. Un jour, je relirai ce roman pour le plaisir de revivre le périple.

Extrait de presse (source : Boréal) :
Justement, c’est avec bonheur que l’on avance avec Jack tant l’écriture de Vigneault semble couler de source, préférant aux images criardes les mots qui heurtent lentement, qui happent sans gant de boxe. Le romancier rend avec une remarquable constance la fragilité du sentiment humain sans pourtant glisser dans le sentimentalisme marchand; c’est dans cette nuance que réside la force de Chercher le vent. Ajoutez à cela des scènes croquées sur le vif qui ne tombent pas dans l’anecdotique et des personnages qui se découvrent plutôt que d’être des statues traînées de page en page: l’auteur fait mouche. Que nous réserve la suite? Chose certaine, Guillaume Vigneault est un nom à considérer dans le corpus québécois actuel. Entre un parfum beatnik, des percées camusiennes et une voix malgré tout personnelle, il est légitime de parler de lui sans rajouter la particule «fils de…».
Patrick Roy, Québec français, hiver 2002.

mardi 12 janvier 2010

Les Abeilles

Yôko Ogawa, Actes Sud, 1995. Les tout petits romans traduits du japonais sont toujours plutôt délicieux. Une espèce de malaise s'y dégage... un peu comme dans les romans d'Hubert Mingarelli. J'avais déjà lu d'autres romans de cette auteure (La Piscine, Hôtel Iris) alors je savais dans quelles eaux je me plongeais !

Résumé, meilleur que le mien :
(source : anamnesis.over-blog.com)
A la demande de son cousin étudiant sans le sou, l'héroïne trouve à le loger dans la résidence de l'université qu'elle fréquenta jadis. Le malaise s'instaure dès leur rencontre avec le directeur, et que l'on apprend que "la raison pour laquelle on lui a coupé les deux bras et une jambe est forcément cruelle". Après l'installation du jeune homme, sa cousine tente de lui rendre visite. En vain : il demeure introuvable. Les réponses du directeur se font de plus en plus étranges et les tulipes du massif prennent une couleur de plus en plus sombre...

La Japonaise Yôko Ogawa excelle à plonger imperceptiblement le lecteur dans un climat angoissant. Par petites touches subtiles et suggestives, elle maîtrise parfaitement la progression de l'intrigue et sa dramatisation. Le personnage singulier du directeur, l'héroïne en quête de vérité et le fantôme du cousin qui plane comme une menace au-dessus d'eux, préfigurent une issue aussi terrible qu'inattendue...

Yôko Ogawa sur Wikipédia

dimanche 10 janvier 2010

Miss Septembre

François Gravel, Québec-Amérique 1996. Une lecture divertissante. Pas nécessairement de la grande littérature mais une belle plume et une trame très bien ficellée.

Une jeune femme, personnage principal, danseuse érotique - mais sa famille n'en sait rien. Elle commet le vol de banque parfait. Aucune preuve laissée sur la scène de crime. Autour de la femme gravitent les autres personnages : son ex et quelques amis, ses parents et... un policier nommé Brodeur. Elle s'achète une entreprise - un nettoyeur (!) - pour blanchir tranquillement son argent. Une histoire très agréable à lire.

Lien chez l'éditeur.

mardi 5 janvier 2010

Si tu me quittes, je m'en vais

Yvon Le Men, Flammarion 2009.
Quand je lis à l’arrière d’un roman que l’auteur est aussi poète, je prends! Sans hésiter.

J’avais raison encore cette fois. Le choix des mots… des phrases si belles… des images si douces. Une très belle lecture. Parsemée de poèmes, qu’on prend le temps de relire avant de poursuivre.

Une histoire d’amour comme le sous-entend le titre. Entre un poète et une danseuse. Une fin surprenante.

Quatrième de couverture :«J'avais pourtant pris mes précautions. J'avais discuté avec ma mère quant à sa venue en Bretagne. "Maman, j'ai rencontré une fille, c'est une ancienne call-girl, elle boit, elle fume des pétards, elle est mariée à un drôle de type et elle n'a plus un sou, qu'en penses-tu ?" J'avais oublié sa réponse et j'avais dit oui à Coralie.» Une histoire d'amour improbable, poétique, intense.

Résumé : (Source : La Pocure)
Un poète de 25 ans tombe amoureux fou d'une star de cinéma... qui n'en est pas une. C'est ainsi que Coralie, une drôle de Belge, débarque à Lannion avec son chien, son chimpanzé, son accent du Nord et sa folie douce. Mais les premiers moments de passion passés, tout se complique. Entre la Bretagne et la Belgique, débute une course-poursuite torride et impossible.