vendredi 17 juillet 2009

Métaphysique du chien

Philippe Ségur, Buchet-Chastel 2002. Plutôt étrange. J'ai beaucoup apprécié cette lecture malgré certaines longueurs et surtout une finale qui m'a décue (ça m'a donné l'impression qu'il a terminé l'écriture en catastrophe - bling blang, vlan - terminé!).

Après une discussion animée avec un ami, un homme abandonne tout pour suivre un chien. Pas juste le suivre, vivre avec lui - comme lui. Par moments, on a la version du chien de certains événements. Est-ce nécessaire de dire que le chien n'a pas du tout la même interprétation des choses !?

Le style original de l'écriture m'a particulièrement plu. Des phrases ici et là, qui m'ont fait sourire par leur imagerie forte...

Tout le monde devait le remarquer avec ses yeux écarquillés, avec ses cheveux qui hurlaient sur son crâne. Page 82

'Ses cheveux qui hurlaient'... J'adore !!! Ça dit tout - on a l'image parfaite de sa tête hisurte ! Génial.

Au milieu d'une petite place rectangulaire que la foule lacérait de ses trajectoire en zigzags. Page 83

'Que la foule lacérait de ses trajectoires'... Encore cette force d'imagerie tout à fait géniale. On voit le parc et la foule mais aussi le sentiment de l'observateur. Superbe.

dimanche 5 juillet 2009

Nos séparations

David Foenkinos, Éditions Gallimard 2008. Très joli. Une douce, très belle lecture. Les nombreuses séparations d'un couple. Toute une vie en spirales, montées et descentes. Ils se séparent pour toutes sortes de raisons, certaines plus graves que d'autres. Une écriture assez poétique. Je recommande définitivement. Je lirai à nouveau cet auteur.

Assez difficile de résumer ce roman, mais j'ai trouvé celui-ci plutôt juste:
Fritz et Alice forment le couple le plus improbable qui soit : lui est fils de hippies soixante-huitards restés fidèles à leurs engagements de jeunesse, elle, est un pur produit de la bourgeoisie catholique, 'Versaillaise' comme l'on dit parfois. Fatalement, ces deux-là vont se rencontrer, s'aimer, se détester, se déchirer, se retrouver. Naturellement, ils auront des enfants, mais pas ensemble. Plus étonnant, les beaux-parents que tout oppose vont finir par se rencontrer et se trouver réciproquement formidables ! Un (beau ?) jour, les deux enfants de Fritz et Alice, une fille et un garçon, qui ne se connaissent pas, vont se rencontrer lors d'un pèlerinage au Père-Lachaise sur la tombe de Jim Morrison. L'histoire ne serait-elle qu'un perpétuel recommencement ?

Source du résumé.
David Foenkinos sur Wikipéda.

mercredi 24 juin 2009

Les beaux survivants

Emmanuelle Turgeon, Lanctôt Éditeur 1998
Intéressant. Une survivante de la drogue a écrit un livre sur une amie - droguée - assassinée. Plein de phrases où on fait - ah! c'est beau ça. Et on arrête de lire pour se laisser pénétrer et y réfléchir...
L'amour est un grand malade. Il a besoin de soins intensifs, de bouche à bouche, de dons d'organes. Page 36
Pour qu'il y ait des survivants, il faut des morts. Page 45
À propos de l'auteur (source)
Emmanuelle Turgeon est une ex-toxicomane qui a connu l’enfer de la dope et la prostitution. Elle a su en sortir et s’en inspirer pour écrire. Ses deux premiers romans, L’instant libre et Les beaux survivants, ont été salués par des critiques élogieuses. Elle a été finaliste du prix des lectrices du magazine Elle Québec en 1999. Ses romans ont compté parmi les plus grands succès des dernières années dans les bibliothèques du Québec. À travers des thématiques très personnelles, les romans d’Emmanuelle Turgeon abordent quelques-unes des grandes inquiétudes de notre temps : la délinquance, la recherche de paradis artificiels, la désintoxication, la réintégration au sein de la société, jamais loin des passions amoureuses. Le 4 août 2008, Emmanuelle Turgeon mourait subitement dans son sommeil, des suites d’une arythmie cardiaque. C’est dans les notes qu’elle a laissées derrière elle que ses proches ont retrouvé le manuscrit de son troisième roman, Et elle dansait, qui sera publié chez Transit en 2010.

lundi 22 juin 2009

Il est venu avec des anémones

Lyne Richard, Éditions Québec Amérique 2009
Nouvelles. Au début de ma lecture, je n'aimais pas. Je n'arrivais pas à identifier pourquoi je n'aimais pas. Juste que je n'accrochais pas... Alors j'ai continué encore un peu, puis encore un peu. Et lentement, des liens entre les personnages des différentes nouvelles commençaient à former un paysage. Roses-sur-Mer, village (de la Gaspésie ?) au bord de la mer. Avec un étrange passé. À la moitié du livre, je me retenais d'aller chercher le village sur Google Maps! Je connais Cap-des-Rosiers... est-ce là ? On a envie d'y aller ! Dans certaines nouvelles, on fait référence au livre lui même. Intéressant. Laisse une marque au coeur.
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dimanche 21 juin 2009

Avant

Vassilis Alexakis, Éditions du Seuil 1992
Les grottes d'une ancienne mine sous un cimetière sont «habités» par les défunts enterrés. Ils cherchent à sortir en creusant un tunnel vers le métro. Ils n'aiment pas parler «d'avant». Drôle d'histoire. Qui mène un peu nulle part. Comme la vie ? Comme la mort ?

samedi 20 juin 2009

Ego, suivi de Sur le fil

Alexandre Soljénitsyne, Fayard 1995
Deux histoires. La guerre, la révolte des paysans. Très militaire. Difficile à suivre parfois - références à de nombreux personnages de l'histoire militaire de l'URSS. Le communisme, la déception de ceux qui y croyaient vraiment et qui se sont butés à ses limites et faiblesses. Construction forte, atmosphère très Russe!

vendredi 19 juin 2009

Val de Grâce

Colombe Schneck, Éditions Stock 2008
Une belle lecture. Val de Grâce, c'est la maison de son enfance. Libre et aimée, elle y a vécu à l'abri de tout malheur ou même désagrément. Le décès de sa mère est l'occasion d'une réflexion profonde. J'ai bien aimé. Écriture poétique et souple. Pourtant, j'ai trouvé léger. Un peu trop à mon goût.

dimanche 14 juin 2009

Les demoiselles du quartier

Louise Tremblay-D'Essiambre, Guy Saint-Jean Éditeur 2003
Nouvelles. Des vieilles dames et leurs petites manies. Joli et très divertissant. En lisant, je pouvait presque les voir. Une écriture épurée et construction intelligente. Tout à fait réussi. Je recommande comme lecture d'été !
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vendredi 5 juin 2009

Projection privée

Ah ! Les auteurs japonais. J'adore. C'est tellement différent. L'atmosphère, le rythme, même les silences n'ont pas la même texture. C'est la première fois que je lisais cet auteur. Il a maintenu mon attention, même si le contexte de l'histoire sortait tout à fait de mon genre habituel. Onuma est depuis peu projectionniste dans un petit ciné. Ce qu'on lit est en fait son «rapport», une sorte de journal qui relate son passé et des éléments de son présent. Une école aux activités secrètes que l'on quitte jamais complètement... La mafia japonaise ? Un groupe d'étudiants violents ? Les machinations d'un ancien ami de l'école ? Des hallucinations ? Intriguant. Différent de la littérature japonaise auquelle je suis habituée.

jeudi 4 juin 2009

Aventures

Beaucoup moins fantaisiste que ce que j'avais lu de lui auparavant (Villes invisibles & Le Baron perché). Ça m'a pris du temps pour m'habituer à ce style plus «normal». Mais toujours une plume délicate et pleine de poésie. Ces aventures dévoilent des êtres qui nous ressemblent à travers les petites aventures souvent anondines. Un soldat, un bandit, une baigneuse, un employé, un photographe, un voyageur, un lecteur, un myope, une épouse, un époux, un poète, un skieur et un automobiliste... Treize personnages, treize aventures. Plutôt savoureux.
Aventures, Italo Calvino, Seuil 2001 - édition illustrée par Yan Nascimbene

mercredi 27 mai 2009

Quelqu'un

Jeanne, médecin, cherche l'âme humaine depuis toujours. Magali, artiste, est prisonnière de son corps, au mouroir de l'hôpital on l'appelle la Six. Elle devait mourir rapidement. Mais elle s'accroche... depuis des années. Autour d'elle, tout l'monde s'est découragé de cette attente interminable. Le personnel de l'hôpital, sa mère, sa conjointe, même son médecin. Arrive Jeanne. Elle ne peut s'empêcher d'être intriguée par cette femme silencieuse. Très belle lecture. On en ressort avec une vision différente de la vie, de la mort et de l'entre-deux.

dimanche 24 mai 2009

Geai

Une allégorie. Albain a développé une réputation de fou du village dès un jeune âge parce qu'il parlait de sa rencontre avec Geai - un fantôme dans le lac. Mais il était déjà un peu bizarre avant... c'est d'ailleurs pourquoi il est le seul à voir et entendre Geai. Finalement elle est sortie du lac est l'accompagne dans ses aventures. Il développe une philosophie de vie tout à fait particulière mais il réussit de façon singulière dans tout ce qu'il entreprend. Ce livre est très doux à lire. Poésie et légèreté mais avec une profondeur indéniable.
«Geai était morte depuis deux mille trois cent quarante-deux jours quand elle commença à sourire. Ce sourire, au début, personne pour le voir. Que deviennent les choses que personne ne voit ? Elles grandissent. Tout ce qui grandit grandit dans l'invisible et prend, avec le temps, de plus en plus de force, de plus en plus de place. Donc le sourire de Geai, noyée depuis deux mille trois cent quarante-deux jours dans le lac de Saint-Sixte, en Isère, commença à donner de plus en plus de lumière.»
Geai de Christian Bobin, Gallimard 1998

lundi 18 mai 2009

L'Étrangère

Joli. Un roman comme je les aime. Profondeur du personnage. Questionnement sur soi, la société, les relations, le travail, la nature. Chacun sa place dans le monde. Mais parfois, on ne trouve pas sa place. On reste «étrangère» où que l'on soit. Une femme qui ne sait d'où elle vient et, par conséquent, n'arrive pas à s'ancrer à un endroit ou à une personne. Elle flotte dans ce monde, étrangère même à elle-même. À travers la rencontre d'un «vieil artiste», elle retrace des filons de sa vie. Une belle plume. Ça coule avec douceur et une touche de poésie. J'ai adoré cette lecture.

dimanche 17 mai 2009

Douce Moitié

J'avoue que c'est d'abord le format qui l'a rendu irrésistible. Un demi-roman... littéralement! Le livre est coupé en deux; même la photo de l'auteur est tranchée juste sous son nez ! «Matthieu Simard a un demi-visage. Il a 30 ans, il écrit depuis toujours, il aime l'été, et la crème glacée aussi. Douce moitié est son troisième roman. Avant ça, il a eu Échecs amoureux et autres niaiseries et Ça sent la coupe. Et après ça, on verra bien.» Intriguant non ? Ça se lit d'un trait. Rien de particulièrement palpitant. Mais j'avais envie de savoir la suite et ce, jusqu'à la fin ! Une histoire d'amour. Toute simple. Délicieuse. Un auteur que je vais certainement relire...

lundi 4 mai 2009

Trésor de la nouvelle de la littérature russe (T1)

Cinq nouvelles d'auteurs russes (Pouchkine, Gogol, Tourgueniev, Tolstoï, Apoukhtine). J'aime particulièrement les nouvelles. Et j'aime habituellement la profondeur et la sensibilité des auteurs russes... Mais (vous le voyiez venir ce mais) j'ai peiné pour terminer la lecture de recueil. J'ai d'ailleurs «sauté» la nouvelle de Tolstoï après quelques pages. C'était trop léger; ça manquait de profondeur. Je n'arrivais pas à m'attacher aux personnages ni même à être intriguée de leur sort. J'avais sorti le tome 2 également, il sera retourné à la bibliothèque sans que je l'aie ouvert. Peut-être plus tard... Parfois ce n'est pas que le livre soit mauvais, c'est juste que l'humeur du moment ne s'y prête pas. Trésor de la nouvelle de la littérature russe, Les Belles Lettres, 2002

dimanche 3 mai 2009

La Lenteur

Milan Kundera. Un auteur que j'aime bien malgré sa noirceur. Mais ici, il est plus doux. Au début, ce roman a le rythme d'un essai. Mais une histoire surgit lentement des réflexions du narrateur. Deux histoires en fait. En plus de l'histoire du narrateur lui-même. Un même lieu. Trois époques. Trois récits qui s'imbriquent dans le temps et l'espace. Notre relation avec le temps. Les valeurs sociales et les normes relationnelles des différentes époques évoquées. Notre personnalité publique et les motifs (ou besoins) secrets qui en sont le fondement... Très intéressant; une belle lecture.
La Lenteur, Milan Kundera, Gallimard, 1995

«Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l'oubli. Évoquons une situation on ne peut plus banale : un homme marche dans la rue. Soudain, il veut se rappeler quelque chose, mais le souvenir lui échappe. À ce moment, machinalement, il ralentit son pas. Par contre, quelqu'un qui essaie d'oublier un incident pénible qu'il vient de vivre accélère à son insu l'allure de sa marche comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui.» Pages 44-45

jeudi 16 avril 2009

L'angoisse des poulets sans plumes

Fucké. Complètement fucké. La semaine dernière, j'avais lu Le chant des mouches - du même auteur. On se retrouve ici, dans le même village (Sainte-Souffrance) et le même comté (Matalik). Et la même ambiance déroutante, écoeurante mais ô combien fascinante. Puis... les mouches. Ouais les mouches. Coeurs sensibles s'abstenir. J'ai aimé mais ce n'est pas un genre que je recherche particulièrement !
L'angoisse des poulets sans plumes. Sébastien Chabot. Éditions Trois-Pistoles. 2006

«Oui, c'est pendant que ma mère se balançait au bout d'une corde que je suis tombé de son ventre avec le bruit de limace courant après sa trace, et que tout bleu, et tout nu, et tout en larmes, j'ai été forcé de lancer mon premier sacre: «Jésus de viande de crucifix, que j'ai dit, est-on ici pour se pendre ou bien pour naître la tête en bas!»» Page 13

«Ça, c'est bien ma vie: une chose arrive et son contraire lui mord la queue en même temps. J'ai toujours été obligé d'y penser trois fois avant de tourner ma langue sept fois, et d'être capable de dire que je suis bien, ici, dans cette vie de cochon...» Pages 88-89

«Je sais maintenant qu'espérer est beaucoup plus difficile que de savoir d'avance ce qui va arriver. Si j'ai à choisir, j'aime beaucoup mieux savoir que je vais recevoir un coup de pied que d'espérer ne pas en recevoir. Puisqu'un coup de pied fait mal, mais y penser tout le temps est encore plus fatigant et fait mal plus longtemps, comme si on se dessinait une cible de douleur sur le corps à force d'y penser.» Page 95

mercredi 15 avril 2009

Un journal de lecture

J'ai tenu pendant des années, un journal de lecture. J'y inscrivais mon appréciation des livres que je lisais. C'est devenu un précieux outil avec le temps car je lis beaucoup. Et on oublie... titres et/ou auteurs. Quand je veux recommander un livre, ou en relire un, ou retrouver un auteur... je consulte mon journal de lecture.

Je me suis laissée aller ces dernières années. J'ai donc perdu de précieuses informations sur des dizaines, peut-être des centaines de livres. Dommage. J'espère que ce blogue me motivera à revenir à mes bonnes habitudes.