dimanche 3 mai 2009

La Lenteur

Milan Kundera. Un auteur que j'aime bien malgré sa noirceur. Mais ici, il est plus doux. Au début, ce roman a le rythme d'un essai. Mais une histoire surgit lentement des réflexions du narrateur. Deux histoires en fait. En plus de l'histoire du narrateur lui-même. Un même lieu. Trois époques. Trois récits qui s'imbriquent dans le temps et l'espace. Notre relation avec le temps. Les valeurs sociales et les normes relationnelles des différentes époques évoquées. Notre personnalité publique et les motifs (ou besoins) secrets qui en sont le fondement... Très intéressant; une belle lecture.
La Lenteur, Milan Kundera, Gallimard, 1995

«Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l'oubli. Évoquons une situation on ne peut plus banale : un homme marche dans la rue. Soudain, il veut se rappeler quelque chose, mais le souvenir lui échappe. À ce moment, machinalement, il ralentit son pas. Par contre, quelqu'un qui essaie d'oublier un incident pénible qu'il vient de vivre accélère à son insu l'allure de sa marche comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui.» Pages 44-45

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