samedi 25 mars 2017

La maison étrangère, ÉLISE TURCOTTE

Je mets un petit coeur à côté du nom de cette auteure. ''Le bruit des choses vivantes'' a été mon premier contact. Bonheur sublime. Plus tard, j'ai lui ''L'Île de la Merci'' et ''Caravane''. Bonheur renouvelé chaque fois. Mais ''Le bruit des choses vivantes'' demeure un de mes plus beaux moments de lecture.

Et voilà que je tombe sur ce roman... La maison, c'est son corps. Élizabeth est une étrangère dans sa vie et dans son corps. Son corps est un étranger dans sa vie. Cette espèce de dicotomie reste bien ''visible'' jusqu'à la fin. Une femme, l'amour, la sexualité, l'identité... Une vie intérieure particulièrement fertile. Son amant est parti. L'abandon, l'incompréhension, l'impasse. Une recherche intérieure passera par la déroute extérieure, un laisser-aller quasi total. À travers ses épisodes personnelles, son père, sa défunte, un étudiant révolté, la bibliothécaire dérangée, le bestiaire d'amour et plein de souvenirs...

Puisque c'est Élise Turcotte, évidement des phrases belles à couper le souffle ... Des pensées éblouissantes... qu'on ne peut que noter.

L'enfance dépose en soi les petites pierres qui prendront plus tard la forme de notre vie.

J'entendais le son que faisaient les feuilles et les mots désormais délivrés saluant le désordre. Splendide échec. Échec encore plus grand puisque je n'avais personne à qui en faire le récit.

Et je ne pouvais pas le dire , car si je l'avais dit, je l'aurais su, tout en sachant déjà , bien sûr, puisque l'âme sait ce que le corps sait mais tente de toutes ses forces de cacher. Ou bien c'est le contraire, selon la vision que l'on a de la vie, du monde des hommes et du monde animal, ou simplement du moment, le corps sait ce que l'âme ignore encore ou veut ignorer.

À lire lentement.

LIENS
Fiche du roman chez l'éditeur
Élise Turcotte sur Auteurs contemporains