mercredi 27 mai 2009

Quelqu'un

Jeanne, médecin, cherche l'âme humaine depuis toujours. Magali, artiste, est prisonnière de son corps, au mouroir de l'hôpital on l'appelle la Six. Elle devait mourir rapidement. Mais elle s'accroche... depuis des années. Autour d'elle, tout l'monde s'est découragé de cette attente interminable. Le personnel de l'hôpital, sa mère, sa conjointe, même son médecin. Arrive Jeanne. Elle ne peut s'empêcher d'être intriguée par cette femme silencieuse. Très belle lecture. On en ressort avec une vision différente de la vie, de la mort et de l'entre-deux.

dimanche 24 mai 2009

Geai

Une allégorie. Albain a développé une réputation de fou du village dès un jeune âge parce qu'il parlait de sa rencontre avec Geai - un fantôme dans le lac. Mais il était déjà un peu bizarre avant... c'est d'ailleurs pourquoi il est le seul à voir et entendre Geai. Finalement elle est sortie du lac est l'accompagne dans ses aventures. Il développe une philosophie de vie tout à fait particulière mais il réussit de façon singulière dans tout ce qu'il entreprend. Ce livre est très doux à lire. Poésie et légèreté mais avec une profondeur indéniable.
«Geai était morte depuis deux mille trois cent quarante-deux jours quand elle commença à sourire. Ce sourire, au début, personne pour le voir. Que deviennent les choses que personne ne voit ? Elles grandissent. Tout ce qui grandit grandit dans l'invisible et prend, avec le temps, de plus en plus de force, de plus en plus de place. Donc le sourire de Geai, noyée depuis deux mille trois cent quarante-deux jours dans le lac de Saint-Sixte, en Isère, commença à donner de plus en plus de lumière.»
Geai de Christian Bobin, Gallimard 1998

lundi 18 mai 2009

L'Étrangère

Joli. Un roman comme je les aime. Profondeur du personnage. Questionnement sur soi, la société, les relations, le travail, la nature. Chacun sa place dans le monde. Mais parfois, on ne trouve pas sa place. On reste «étrangère» où que l'on soit. Une femme qui ne sait d'où elle vient et, par conséquent, n'arrive pas à s'ancrer à un endroit ou à une personne. Elle flotte dans ce monde, étrangère même à elle-même. À travers la rencontre d'un «vieil artiste», elle retrace des filons de sa vie. Une belle plume. Ça coule avec douceur et une touche de poésie. J'ai adoré cette lecture.

dimanche 17 mai 2009

Douce Moitié

J'avoue que c'est d'abord le format qui l'a rendu irrésistible. Un demi-roman... littéralement! Le livre est coupé en deux; même la photo de l'auteur est tranchée juste sous son nez ! «Matthieu Simard a un demi-visage. Il a 30 ans, il écrit depuis toujours, il aime l'été, et la crème glacée aussi. Douce moitié est son troisième roman. Avant ça, il a eu Échecs amoureux et autres niaiseries et Ça sent la coupe. Et après ça, on verra bien.» Intriguant non ? Ça se lit d'un trait. Rien de particulièrement palpitant. Mais j'avais envie de savoir la suite et ce, jusqu'à la fin ! Une histoire d'amour. Toute simple. Délicieuse. Un auteur que je vais certainement relire...

lundi 4 mai 2009

Trésor de la nouvelle de la littérature russe (T1)

Cinq nouvelles d'auteurs russes (Pouchkine, Gogol, Tourgueniev, Tolstoï, Apoukhtine). J'aime particulièrement les nouvelles. Et j'aime habituellement la profondeur et la sensibilité des auteurs russes... Mais (vous le voyiez venir ce mais) j'ai peiné pour terminer la lecture de recueil. J'ai d'ailleurs «sauté» la nouvelle de Tolstoï après quelques pages. C'était trop léger; ça manquait de profondeur. Je n'arrivais pas à m'attacher aux personnages ni même à être intriguée de leur sort. J'avais sorti le tome 2 également, il sera retourné à la bibliothèque sans que je l'aie ouvert. Peut-être plus tard... Parfois ce n'est pas que le livre soit mauvais, c'est juste que l'humeur du moment ne s'y prête pas. Trésor de la nouvelle de la littérature russe, Les Belles Lettres, 2002

dimanche 3 mai 2009

La Lenteur

Milan Kundera. Un auteur que j'aime bien malgré sa noirceur. Mais ici, il est plus doux. Au début, ce roman a le rythme d'un essai. Mais une histoire surgit lentement des réflexions du narrateur. Deux histoires en fait. En plus de l'histoire du narrateur lui-même. Un même lieu. Trois époques. Trois récits qui s'imbriquent dans le temps et l'espace. Notre relation avec le temps. Les valeurs sociales et les normes relationnelles des différentes époques évoquées. Notre personnalité publique et les motifs (ou besoins) secrets qui en sont le fondement... Très intéressant; une belle lecture.
La Lenteur, Milan Kundera, Gallimard, 1995

«Il y a un lien secret entre la lenteur et la mémoire, entre la vitesse et l'oubli. Évoquons une situation on ne peut plus banale : un homme marche dans la rue. Soudain, il veut se rappeler quelque chose, mais le souvenir lui échappe. À ce moment, machinalement, il ralentit son pas. Par contre, quelqu'un qui essaie d'oublier un incident pénible qu'il vient de vivre accélère à son insu l'allure de sa marche comme s'il voulait vite s'éloigner de ce qui se trouve, dans le temps, encore trop proche de lui.» Pages 44-45