lundi 25 janvier 2010

Les Carnets de Douglas

Christine Eddie, Éditions Alto, 2007. WOW. Vraiment superbe. Puissante histoire d'amour et de résilience. Deux jeunes quittent (fuient) leur village en même temps... mais ils ne se connaissent pas encore. Ils se retrouvent tous les deux dans le village très isolé, Rivière-aux-Oies. Beauté de la nature et de la musique. L'émotion pure des gens au caractère singulier et au passé marqué de rouge. Naissance d'une fille, et sa famille improvisée - le docteur et l'institutrice. Des gens qui acceptent le destin pénible et en font même la source de leur bonheur. Une plume exceptionnellement poétique. Une structure très originale, un rythme harmonieux. Style unique.

Quatrième de couverture (Édtions Alto) :
Le même jour, deux adolescents parviennent à fuir un destin qui les aurait emmurés. Ils se trouvent, deux ans plus tard, à Rivière-aux-Oies, un village beaucoup trop discret pour figurer sur une carte. Au cœur de la nature généreuse et sauvage, ils s’aiment, à l’abri des rugissements du vingtième siècle. Jusqu’à ce que la vie, comme d’habitude, fasse des siennes.

Les années passent, Rivière-aux-Oies se métamorphose avec, en arrière-plan, une révolution à peine tranquille et le saccage des bétonnières. Une famille singulière s’improvise, malgré les ragots et en dépit des blessures. Dans la maison du docteur, les liens se tissent avec tendresse. Un médecin au cœur rafistolé, une institutrice au nom imprononçable et une enfant surgie des bois vont peut-être permettre à Douglas d’entendre enfin la réponse du vent.

Une passion comme au cinéma, qui se déploie à l’ombre d’un arbre, d’une clarinette et de la beauté fragile du monde. »

samedi 23 janvier 2010

Asphalte et Vodka

Michel Vézina, Québec-Amérique, 2005. Deux musiciens qui se sont connus en travaillant sur un navire de croisière. Jean accepte de ramener Carl dans son village natal en Gaspésie. Le passé chaotique de Carl le rattrape, la dépendance à la drogue s'intensifie. Super 'road novel'. Une histoire d'amitié et de vie. Une fin un peu décevante et mal ficellée quant à moi. Mais une lecture tout à fait divertissante quand même. Une certaine réflexion sur le bonheur.

Quatrième de couverture (Québec-Amérique)
Jean et Carl se rencontrent sur le Queen of the Caribeans. Les deux sont trompettistes, les deux sont québécois. Le premier a 35 ans et tous les ans il se refait sur une croisière. Le second a 75 ans et il achève sa carrière, atteint de tout un tas de maladies respiratoires. La nuit du dernier bal, Carl évoque le désir, avant de mourir, de revoir son village gaspésien natal, quitté 60 ans plus tôt. Jean, un peu saoul et naturellement exubérant, lui propose de l'y emmener. Carl accepte, en échange de quoi il promet de donner son vieux station à Jean une fois arrivé à destination. Une véritable épopée débute pour les deux musiciens. Après un court arrêt en Louisiane, où Carl fait visiter sa roulotte à Jean dans l'arrière-cour d'un manoir ayant servi de haut lieu de revues vodou, ils prennent enfin la route vers le nord, vers le paradis, vers St. Louis d'Gaspe peninsula. La première nuit, ils s'arrêtent dans un parking de bar de campagne. Ils y rencontrent un sosie d'Elvis qui les saoule pour mieux leur voler tout leur argent et toute leur dope. Le reste du voyage se fera dans la douleur et la recherche d'argent pour manger, dormir et subvenir aux besoins en opiacés du vieux Carl...De New York à Matapedia en passant par Montréal, Trois-Pistoles et Rimouski, les deux trompettistes se raconteront les rêves qui les gardent en vie. Amour, route, drogue et rock'n roll...

mercredi 20 janvier 2010

Addition

Toni Jordan, Éditions Alto, 2009. Un premier roman d'une auteure autralienne. 'Premier roman' est une inscription qui m'incite toujours à prendre... encore cette fois, c'était une excellente décision ! Une jeune femme qui compte tout. Vraiment tout. Les chiffres régissent sa vie. Obsession compulsive. Mais on s'attache rapidement à cette femme à la fois intelligente et 'folle'. Elle rencontre un homme et accepte de se faire 'soigner'... mais son traitement fait d'elle une loque humaine, l'ombre d'elle-même. Une très belle histoire, sur la différence, la tolérance, l'amour et la famille.

Quatrième de couverture (source : Éditions Alto)
Grace Lisa Vandenburg (19 lettres) compte. Tout. Tout le temps. Les pas qui la mènent au café, les graines de pavot sur son gâteau et le nombre de bouchées nécessaires pour en venir à bout, autant de nombres ordonnant son existence de célibataire réglée comme du papier à musique. Son unique coup de foudre : Nikola Tesla, inventeur aussi génial qu’obscur, mort depuis plus de soixante ans, qui nourrit ses fantasmes et lui semble seul à même de comprendre sa fascination pour la rassurante quiétude des additions.

Entre en scène un bel étranger : Seamus Joseph O’Reilly (un autre 19) qui, ô miracle, ne se laisse pas rebuter par ses manies. Un dilemme ne tarde pas à s’imposer à elle : les nombres ou la vie? Pour préserver leur fragile idylle, Grace entame une thérapie surréelle grâce à – ou plus exactement malgré – laquelle elle finira par découvrir ce qui compte vraiment.

Variation à la fois pétillante et doucement cynique sur les thèmes de l’amour et de la différence entre les êtres, Addition, premier roman de l’Australienne Toni Jordan, présenté ici dans un harmonieux format carré, compte 376 pages, 69 796 mots et 398 926 caractères.

Intriguant, non ?

dimanche 17 janvier 2010

Le Peignoir

Suzanne Myre, Marchand de Feuilles, 2005. Nouvelles. Divertissant et vraiment drôle. Un personnage principal qui revient dans chaque nouvelle. Une jeune femme, artiste - personnalité originale et plutôt insécure. Suzanne Myre raconte des relations qui nous aident à accepter nos propres petites folies.

Résumé (source : suzannemyre.com)
Une massothérapeute prêche pour l'abstinence télévisuelle, l'absorption de graines de lin et de lait de soya, mais se nourrit pour sa part presque exclusivement de maïs soufflé rose et de Télé-Hebdo. L'alter ego de l'auteure, souffrant d'un acouphène sous forme de klaxon de déneigeuse, se retrouve seul dans un chalet à chercher le vain silence. Dans une nouvelle " grattez et sentez ", une jeune fille qui travaille dans un hôpital flirte gentiment, malgré ses attaches, avec un autre employé qui se parfume avec de la racine de gingembre, aphrodisiaque prouvé. Dans " Tendres tendons ", la narratrice peste contre le vélo elliptique de son copain en le qualifiant de " monstrueux, inutile, arrogant, anti-décoratif, anti-Feng-Shui, anti-érotique, support à poussière ", avant de l'enfourcher et de se déchirer le tendon d'Achille. Le père, grand absent devant l'éternel, joue un rôle important dans certaines nouvelles : une petite fille le projette temporairement dans le personnage de Bobino, tandis qu'une autre choisit de fréquenter un homme qui a deux fois son âge. Les carences de la figure du père sont traitées avec l'humour souverain de Myre, une des rares écrivaines satiristes au Québec.

vendredi 15 janvier 2010

Chercher le vent

Guillaume Vigneault, Boréal, 2001. J’avais lu - avec plaisir - son premier roman Carnets de naufrage. J'ai encore retrouvé cette écriture poétique tout à fait délicieuse et la profondeur remarquable des personnages. Vraiment un très beau roman.

Un pilote de brousse et photographe... Son ami maniaco-dépressif. Un voyage sans autre but que l’effet thérapeutique contre une peine d’amour qui n’en finit plus. Puis ajoutez Nuna l’autostoppeuse excentrique. On fera un long détour, très long détour pour revenir aux sources et accepter la vie comme elle se présente. Sublime. Un jour, je relirai ce roman pour le plaisir de revivre le périple.

Extrait de presse (source : Boréal) :
Justement, c’est avec bonheur que l’on avance avec Jack tant l’écriture de Vigneault semble couler de source, préférant aux images criardes les mots qui heurtent lentement, qui happent sans gant de boxe. Le romancier rend avec une remarquable constance la fragilité du sentiment humain sans pourtant glisser dans le sentimentalisme marchand; c’est dans cette nuance que réside la force de Chercher le vent. Ajoutez à cela des scènes croquées sur le vif qui ne tombent pas dans l’anecdotique et des personnages qui se découvrent plutôt que d’être des statues traînées de page en page: l’auteur fait mouche. Que nous réserve la suite? Chose certaine, Guillaume Vigneault est un nom à considérer dans le corpus québécois actuel. Entre un parfum beatnik, des percées camusiennes et une voix malgré tout personnelle, il est légitime de parler de lui sans rajouter la particule «fils de…».
Patrick Roy, Québec français, hiver 2002.

mardi 12 janvier 2010

Les Abeilles

Yôko Ogawa, Actes Sud, 1995. Les tout petits romans traduits du japonais sont toujours plutôt délicieux. Une espèce de malaise s'y dégage... un peu comme dans les romans d'Hubert Mingarelli. J'avais déjà lu d'autres romans de cette auteure (La Piscine, Hôtel Iris) alors je savais dans quelles eaux je me plongeais !

Résumé, meilleur que le mien :
(source : anamnesis.over-blog.com)
A la demande de son cousin étudiant sans le sou, l'héroïne trouve à le loger dans la résidence de l'université qu'elle fréquenta jadis. Le malaise s'instaure dès leur rencontre avec le directeur, et que l'on apprend que "la raison pour laquelle on lui a coupé les deux bras et une jambe est forcément cruelle". Après l'installation du jeune homme, sa cousine tente de lui rendre visite. En vain : il demeure introuvable. Les réponses du directeur se font de plus en plus étranges et les tulipes du massif prennent une couleur de plus en plus sombre...

La Japonaise Yôko Ogawa excelle à plonger imperceptiblement le lecteur dans un climat angoissant. Par petites touches subtiles et suggestives, elle maîtrise parfaitement la progression de l'intrigue et sa dramatisation. Le personnage singulier du directeur, l'héroïne en quête de vérité et le fantôme du cousin qui plane comme une menace au-dessus d'eux, préfigurent une issue aussi terrible qu'inattendue...

Yôko Ogawa sur Wikipédia

dimanche 10 janvier 2010

Miss Septembre

François Gravel, Québec-Amérique 1996. Une lecture divertissante. Pas nécessairement de la grande littérature mais une belle plume et une trame très bien ficellée.

Une jeune femme, personnage principal, danseuse érotique - mais sa famille n'en sait rien. Elle commet le vol de banque parfait. Aucune preuve laissée sur la scène de crime. Autour de la femme gravitent les autres personnages : son ex et quelques amis, ses parents et... un policier nommé Brodeur. Elle s'achète une entreprise - un nettoyeur (!) - pour blanchir tranquillement son argent. Une histoire très agréable à lire.

Lien chez l'éditeur.

mardi 5 janvier 2010

Si tu me quittes, je m'en vais

Yvon Le Men, Flammarion 2009.
Quand je lis à l’arrière d’un roman que l’auteur est aussi poète, je prends! Sans hésiter.

J’avais raison encore cette fois. Le choix des mots… des phrases si belles… des images si douces. Une très belle lecture. Parsemée de poèmes, qu’on prend le temps de relire avant de poursuivre.

Une histoire d’amour comme le sous-entend le titre. Entre un poète et une danseuse. Une fin surprenante.

Quatrième de couverture :«J'avais pourtant pris mes précautions. J'avais discuté avec ma mère quant à sa venue en Bretagne. "Maman, j'ai rencontré une fille, c'est une ancienne call-girl, elle boit, elle fume des pétards, elle est mariée à un drôle de type et elle n'a plus un sou, qu'en penses-tu ?" J'avais oublié sa réponse et j'avais dit oui à Coralie.» Une histoire d'amour improbable, poétique, intense.

Résumé : (Source : La Pocure)
Un poète de 25 ans tombe amoureux fou d'une star de cinéma... qui n'en est pas une. C'est ainsi que Coralie, une drôle de Belge, débarque à Lannion avec son chien, son chimpanzé, son accent du Nord et sa folie douce. Mais les premiers moments de passion passés, tout se complique. Entre la Bretagne et la Belgique, débute une course-poursuite torride et impossible.