Je mets un petit coeur à côté du nom de cette auteure. ''Le bruit des choses vivantes'' a été mon premier contact. Bonheur sublime. Plus tard, j'ai lui ''L'Île de la Merci'' et ''Caravane''. Bonheur renouvelé chaque fois. Mais ''Le bruit des choses vivantes'' demeure un de mes plus beaux moments de lecture.
Et voilà que je tombe sur ce roman... La maison, c'est son corps. Élizabeth est une étrangère dans sa vie et dans son corps. Son corps est un étranger dans sa vie. Cette espèce de dicotomie reste bien ''visible'' jusqu'à la fin. Une femme, l'amour, la sexualité, l'identité... Une vie intérieure particulièrement fertile. Son amant est parti. L'abandon, l'incompréhension, l'impasse. Une recherche intérieure passera par la déroute extérieure, un laisser-aller quasi total. À travers ses épisodes personnelles, son père, sa défunte, un étudiant révolté, la bibliothécaire dérangée, le bestiaire d'amour et plein de souvenirs...
Puisque c'est Élise Turcotte, évidement des phrases belles à couper le souffle ... Des pensées éblouissantes... qu'on ne peut que noter.
L'enfance dépose en soi les petites pierres qui prendront plus tard la forme de notre vie.
J'entendais le son que faisaient les feuilles et les mots désormais délivrés saluant le désordre. Splendide échec. Échec encore plus grand puisque je n'avais personne à qui en faire le récit.
Et je ne pouvais pas le dire , car si je l'avais dit, je l'aurais su, tout en sachant déjà , bien sûr, puisque l'âme sait ce que le corps sait mais tente de toutes ses forces de cacher. Ou bien c'est le contraire, selon la vision que l'on a de la vie, du monde des hommes et du monde animal, ou simplement du moment, le corps sait ce que l'âme ignore encore ou veut ignorer.
À lire lentement.
LIENS
Fiche du roman chez l'éditeur
Élise Turcotte sur Auteurs contemporains
samedi 25 mars 2017
dimanche 3 avril 2011
Caïn, JOSÉ SARAMAGO
Pas facile comme lecture. Structure inhabituelle des dialogues. Mais c'est cela qui donne le rythme déstabilisant au récit. Fascinant une fois qu'on s'habitue.
L'ancien testament revisité. Un dialogue entre Dieu et sa créature. La justice des hommes VS la justice de Dieu. La foi aveugle VS le questionnement. De multiples récits bibliques repris sous l'angle d'un Caïn condamné à errer, qui passe d'une scène à l'autre sans égards pour la chronologie et qui a le privilège de discuter avec Dieu et ses anges à plusieurs reprises. Retrouvez Lilith, Abraham, Sodome, Moïse, Jéricho, Job, et Noé...
Magistral. Maîtrise de l'art littéraire peu commune !
Fiche du roman chez l'éditeur
José Saramago sur wikipédia
L'ancien testament revisité. Un dialogue entre Dieu et sa créature. La justice des hommes VS la justice de Dieu. La foi aveugle VS le questionnement. De multiples récits bibliques repris sous l'angle d'un Caïn condamné à errer, qui passe d'une scène à l'autre sans égards pour la chronologie et qui a le privilège de discuter avec Dieu et ses anges à plusieurs reprises. Retrouvez Lilith, Abraham, Sodome, Moïse, Jéricho, Job, et Noé...
Magistral. Maîtrise de l'art littéraire peu commune !
Fiche du roman chez l'éditeur
José Saramago sur wikipédia
jeudi 31 mars 2011
La tête de mon père, ELENA BOTCHORICHVILI
Hummm... Incomparable. C'est une lettre pour son fils. Les racines d'une famille de la Géorgie (pays d'origine de l'auteure). Tout en boucles souples, le récit avance, change subtilement de ton, puis revient sur détail, et encore par en avant. Superbe lecture. Ça prend un moment pour s'habituer au style. Au début, je n'arrivais pas à identifier le source du rythme inhabituel... c'est la structure des phrases. Très simples, courtes. Mais pas le récit, profond et vaste, lui. Ce n'était pas le ''wow'' qui me fait tant vibrer parfois mais j'explorerai d'autres écrits de cette femme sans hésiter, pour l'originalité de son style et la sensibilité de son imaginaire.
LIENS
Fiche de l'auteur chez l'éditeur
Fiche du roman chez l'éditeur
LIENS
Fiche de l'auteur chez l'éditeur
Fiche du roman chez l'éditeur
dimanche 27 mars 2011
9 ans, pas peur, ANDRÉ MAROIS
Drôle de petit bouquin. Dans le sens ludique et dans le sens tragique. C'est Angelito qui a 9 ans. Son père est... voleur de télévision et sa mère, infirmière psychiatrique. Dans sa maison, on ne parle pas. Le père fait quand même, à sa façon, preuve d'amour et de tendresse envers son fils. La mère, de son côté, c'est une toute autre histoire.... elle regarde la télé. Pour le garçon qui n'a connu que ce monde, tout ça c'est normal ! Il est heureux. Il réfléchit beaucoup (puisqu'on ne parle pas) et dans sa tête, il voit la vie à sa façon, il est philosophe.
Puis un jour il se retrouve seul. Mais il n'a pas peur. Sa confiance dans la vie et surtout dans son père est admirable. Une intrigue simple bien tricotée dans les pensées de ce petit garçon. Une lecture qui laisse sa trace.
LIENS
Fiche du roman chez l'éditeur
Fiche d'André Marois chez l'éditeur
Blog d'André Marois
Puis un jour il se retrouve seul. Mais il n'a pas peur. Sa confiance dans la vie et surtout dans son père est admirable. Une intrigue simple bien tricotée dans les pensées de ce petit garçon. Une lecture qui laisse sa trace.
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Fiche du roman chez l'éditeur
Fiche d'André Marois chez l'éditeur
Blog d'André Marois
samedi 26 mars 2011
Rhum Express, HUNDER S. THOMPSON
Beau divertissement, sur fond de réflexion sociologique. C'est un peu comme un road novel, mais sans les déplacements. Un jeune journaliste, Kemp, décroche un poste de reporter au San Juan Daily News, à Porto Rico. Il y découvre une équipe à la dérive et un patron fêlé. Beuveries et aventures rocambolesques se suivent et composent un quotidien qui use l'âme et brise les illusions. Le personnage principal, traverse la ligne entre la jeunesse aux idéaux dorés qui n'hésite pas devant une nouvelle aventure et la ''sagesse'' de l'adulte qui sent le besoin de ranger. Un rythme éclaté, un language cru et mordant, des pointes d'humour. Les personnages s'engagent délibérément dans une série de galères où ils perdent la maîtrise mais se laissent emporter avec désillusion chaque fois un peu plus loin de leurs rêves.
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Fiche du roman chez l'éditeur
Biographie - source 1
Biographie - source 2
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Fiche du roman chez l'éditeur
Biographie - source 1
Biographie - source 2
vendredi 25 mars 2011
Béatrice et Virgile, YANN MARTEL
Comme tout l’monde, j’ai lu et adoré l’Histoire de Pi... J’avais donc un peu d’appréhension quand j’ai entamé ce livre. Sera-t-il à la hauteur ? Après lecture, je ne saurais trancher. Donc oui et non. Il ne faut pas déduire une déception de ma part toutefois. C’était une superbe lecture. À la fois différente et semblable. Le même génie s’y retrouve.
Le personnage principal, Henry, est auteur. Dans son dernier roman, de nombreux animaux figuraient (!). Ses éditeurs rejettent son plus récent projet portant sur l’holocauste. Révolté, il cesse d’écrire. Dans sa nouvelle vie, il continue de répondre au courrier de ses lecteurs. Une lettre étrange arrive, le correspondant écrit une pièce théâtre, l’histoire de Béatrice et Virgile – ânesse et singe. Il demande l’aide d’Henry. On découvre que c’est un taxidermiste. Une intrigue se tisse à travers les échanges et les lectures de la pièce, dans laquelle Henry voit des évocations de l’holocauste. Évidement, il fait le lien avec son projet rejeté. Il est captivé et cherche à comprendre le taxidermiste et sa fable.
Les dialogues entre Béatrice et Virgile créent une seconde trame dans le roman. On veut connaître la suite de l’histoire dans les deux mondes. Finalement, les deux mondes ne font plus qu’un d’une façon surprenante.
Le talent de Yann Martel est unique.
LIENS
Fiche du roman chez l'éditeur
Yann Martel sur wikipédia
Le personnage principal, Henry, est auteur. Dans son dernier roman, de nombreux animaux figuraient (!). Ses éditeurs rejettent son plus récent projet portant sur l’holocauste. Révolté, il cesse d’écrire. Dans sa nouvelle vie, il continue de répondre au courrier de ses lecteurs. Une lettre étrange arrive, le correspondant écrit une pièce théâtre, l’histoire de Béatrice et Virgile – ânesse et singe. Il demande l’aide d’Henry. On découvre que c’est un taxidermiste. Une intrigue se tisse à travers les échanges et les lectures de la pièce, dans laquelle Henry voit des évocations de l’holocauste. Évidement, il fait le lien avec son projet rejeté. Il est captivé et cherche à comprendre le taxidermiste et sa fable.
Les dialogues entre Béatrice et Virgile créent une seconde trame dans le roman. On veut connaître la suite de l’histoire dans les deux mondes. Finalement, les deux mondes ne font plus qu’un d’une façon surprenante.
Le talent de Yann Martel est unique.
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Yann Martel sur wikipédia
mardi 22 mars 2011
Liberté Conditionnelle, AKIRA YOSHIMURA
Quelle texture ! Un roman bien construit, comme une longue nouvelle (une signature fréquente en littérature japonaise). Une intrigue tricotée serrée autour d’un personnage central, d’une façon qui nous donne l’impression d’habiter sa vie, d’être à la fois observateur intérieur et extérieur de ses jours.
Kikutani obtient une liberté conditionnelle après quinze ans d’incarcération. Le crime pour lequel il été condamné demeure obscure pendant près de la moitié du roman, mais la gravité de l’affaire est sous-entendue. On développe une certaine tendresse pour cet homme aux valeurs simples et à l’humilité sincère. Pourtant... l’absence de remords laisse deviner une force sauvage qui cadre mal avec le reste. Même Kikutani en a peur. Il apprend à revivre en société. Démarche difficile après tant d’années. Lentement, une routine s’installe et il commence à se dire qu’il pourra finalement devenir un citoyen productif et ordinaire.
Son tuteur lui suggère de se remarier... commence alors une autre étape d’adaptation. Les choses basculent vite toutefois. On a dépassé sa capacité de réinsertion...
Rythme bien calculé avec des allers-retours dans le passé pour tranquillement recomposer le parcours. Des situations qui nous font découvrir l’univers intérieur du personnage d’une façon toute japonaise. Fascinant.
Bibliographie : http://www.plathey.net/livres/japon/yoshimura.html
Kikutani obtient une liberté conditionnelle après quinze ans d’incarcération. Le crime pour lequel il été condamné demeure obscure pendant près de la moitié du roman, mais la gravité de l’affaire est sous-entendue. On développe une certaine tendresse pour cet homme aux valeurs simples et à l’humilité sincère. Pourtant... l’absence de remords laisse deviner une force sauvage qui cadre mal avec le reste. Même Kikutani en a peur. Il apprend à revivre en société. Démarche difficile après tant d’années. Lentement, une routine s’installe et il commence à se dire qu’il pourra finalement devenir un citoyen productif et ordinaire.
Son tuteur lui suggère de se remarier... commence alors une autre étape d’adaptation. Les choses basculent vite toutefois. On a dépassé sa capacité de réinsertion...
Rythme bien calculé avec des allers-retours dans le passé pour tranquillement recomposer le parcours. Des situations qui nous font découvrir l’univers intérieur du personnage d’une façon toute japonaise. Fascinant.
Bibliographie : http://www.plathey.net/livres/japon/yoshimura.html
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