Quelle texture ! Un roman bien construit, comme une longue nouvelle (une signature fréquente en littérature japonaise). Une intrigue tricotée serrée autour d’un personnage central, d’une façon qui nous donne l’impression d’habiter sa vie, d’être à la fois observateur intérieur et extérieur de ses jours.
Kikutani obtient une liberté conditionnelle après quinze ans d’incarcération. Le crime pour lequel il été condamné demeure obscure pendant près de la moitié du roman, mais la gravité de l’affaire est sous-entendue. On développe une certaine tendresse pour cet homme aux valeurs simples et à l’humilité sincère. Pourtant... l’absence de remords laisse deviner une force sauvage qui cadre mal avec le reste. Même Kikutani en a peur. Il apprend à revivre en société. Démarche difficile après tant d’années. Lentement, une routine s’installe et il commence à se dire qu’il pourra finalement devenir un citoyen productif et ordinaire.
Son tuteur lui suggère de se remarier... commence alors une autre étape d’adaptation. Les choses basculent vite toutefois. On a dépassé sa capacité de réinsertion...
Rythme bien calculé avec des allers-retours dans le passé pour tranquillement recomposer le parcours. Des situations qui nous font découvrir l’univers intérieur du personnage d’une façon toute japonaise. Fascinant.
Bibliographie : http://www.plathey.net/livres/japon/yoshimura.html

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