Une petite ville - Kamakura - qu'on apprend à connaître à travers la vie de Hatoko, qui a récemment hérité de la papeterie de sa grand-mère. Un rythme lent et apaisant. Il n'y a pas d'intrigue captivante mais on y vit un quotidien très humain et j'avais envie de poursuivre ma lecture ne serait-ce que pour rester dans ce monde doux. Sur le fond, une guérison lente et un arc vers les sources du bonheur.
Chez Les Libraires: https://www.leslibraires.ca/livres/la-republique-du-bonheur-ito-ogawa-9782809714968.html
J'ai trouvé cette revue littéraire rendait bien ma perception de ce roman: La papeterie Tsubaki et le voyage intemporel (texte partiellement repris ci-dessous).
«Quelque chose semble s’être figé dans le temps, dans la petite ville de Kamakura, au Japon. Autrefois jeune femme rebelle souhaitant fuir l’éducation stricte de sa grand-mère, Hatoko revient dans sa ville natale pour s’occuper de la papeterie familiale, dans l’étrangement beau roman La papeterie Tsubaki, d’Ogawa Ito.
[...]
Métier fort probablement disparu des sociétés occidentales depuis belle lurette, quand ces scripteurs n’ont pas migré vers le domaine de la rédaction, publicitaire ou autre, le travail d’écrivain public est central dans la vie de notre héroïne: appelée à rédiger lettres, missives et autres petits mots au nom des autres, Hatoko vit un peu par procuration – et les lecteurs également, par la même occasion. Avec une plume à la fois légère et complète, [Ito Ogawa] nous transporte dans un monde fait de minutie et de délicatesse. Chaque lettre rédigée par le personnage principal est mise en contexte, décrite avec un soin fascinant, et, surtout, reproduite en japonais dans la version française du roman, mise en page comprise. L’auteure prendra aussi le temps de décrire l’encre utilisée, le type de papier, l’épaisseur de l’enveloppe, voire le genre de timbre, ou encore quel crayon, stylo ou plume a servi à écrire le tout.
Lors de la toute première occasion où le lecteur est témoin de ce rituel, on se dit que tout cela est un peu superflu. Que les détails peuvent être ignorés, qu’on pourrait passer à la suite du scénario. Paradoxalement, ou peut-être est-ce simplement l’explication logique de cet état de fait, il n’y a peu ou pas de trame scénaristique centrale au roman. Des choses se déroulent, bien sûr, et l’on obtiendra ultimement une conclusion qui risque de satisfaire le lecteur, mais Ogawa Ito a choisi de parier gros: l’auteure a décidé d’aller à contre-courant du style de rédaction classique, et de se concentrer sur les petites choses. [...]
La papeterie Tsubaki est un étrange roman, qui échappe à toute classification. C’est un roman de l’objet, une oeuvre magnifique quasi-hors du temps. Un livre qui détonne, certes, mais uniquement pour les bonnes raisons.»




