dimanche 30 mai 2010

Le puits des histoires perdues

Jasper Fforde, Fleuve Noir 2006
Je termine cette fiche plus de 15 ans après lectures. 
Mon carnet ne comprend malheureusement aucune note. 

Même poursuivie par une multinationale qui a juré sa perte, la star des détectives littéraires a droit à un congé maternité ! Pour Thursday Next, ce sera un séjour secret dans un mauvais thriller, un de ceux qui croupissent au fond du Puits des Histoires perdues. Ici, sous l'oeil de la toute-puissante Jurifiction, on recycle les livres de seconde zone comme les classiques oubliés de la littérature, on pioche un personnage par là pour le remettre ailleurs, on réduit le texte en mots quand il n'y a plus d'espoir. Mais très vite, Thursday doit quitter sa planque. Le Minotaure s'est échappé, semant la pagaille dans le Monde des Livres.... «Dans la lignée de Lewis Carroll et de Terry Pratchett, Fforde continue de construire la plus délectable des fantaisies érudites, farcie de références admiratives et moqueuses à la littérature en général, et aux lettres britanniques en particulier.». Sophie Bourdais, Télérama.

jeudi 27 mai 2010

La promesse

Hubert Mingarelli, Seuil 2009
Même 15 ans plus tard, je "ressens" la beauté de ce livre. 
Cet auteur est incomparable. Sa façon de nous faire entrer dans le coeur de ses personnages est unique. 

Naviguer sur un lac peut réserver des émotions tellement particulières qu’il est impossible de les partager avec qui que ce soit. D’habitude, Fedia emmène son fils avec lui, mais cette fois non. Et pourtant, Fedia ne cessera de penser à lui. Aux paroles qu’il va devoir trouver pour lui dire ses intentions, ce qu’il était parti faire sur l’eau ce jour-là. Dans le fond de sa poche, une petite boîte en carton fermée par un élastique. Le chagrin est dépassé, du moins le croit-il. La nuit s’avance, la rivière a remplacé le lac, et Fedia continue de frapper avec ses avirons la surface baignée de lune. Il était une fois deux âmes en perdition. Deux jeunes matelots qui s’étaient fait une promesse.

vendredi 21 mai 2010

Là où ça mord

Martin Thibault, Éditions Trois-Pistoles 2004.

Il se dégage de ce roman une ambiance constante de malaise. En même temps, la beauté de la nature humaine y flotte comme un filet de brouillard. Poétique, oui. 

Un home fait un retour dans son village natal pour retrouver les racines d'un mal qui fait surface depuis la naissance de sa fille.

Secrets de famille, enfant incompris, village rural où les erreurs du passé sont étouffées. 

J'avoue avoir peiné à finir la lecture. Des longueurs et un rythme un peu trop lent pour moi. Mais le style d'écriture m'a gardé jusqu'à la fin. 

dimanche 16 mai 2010

Confidences en trompe-l'oeil

Guy Mouton, Québec Amérique 2010.

Premier roman de l'auteur. 
Un ex-détenu travaille maintenant comme gardien dans un musée. De sa vie d'avant l'incarcération, il ne reste rien. Son épouse a demandé le divorce et il n'a jamais pu revoir sa fille. Seul son frère a gardé le contact. Un médecin remet en question sa vie avec celle pour qui il a quitté sa femme. Une artiste se retrouve enceinte et ne peut se résoudre à l'avortement. Et... le personnage dans une toile du musée qui a conscience de leurs pensées et émotions. 

Scénarios et dialogues intérieurs parfois simplistes et naïfs, certains personnages inconstants... mais une belle histoire, avec beaucoup d'humanité.

Trois personnages, étrangers l’un à l’autre, cherchent désespérément à sortir de la fâcheuse posture dans laquelle ils se trouvent. Tout à fait par hasard, ils se retrouvent dans la salle d’un musée, face à une toile de Van Dyck faisant partie d’une exposition. Grâce à l’énigmatique personnage de ce tableau du XVIIe siècle, le lecteur connaîtra les pensées intimes qui animent chacun d’eux. D’une dimension de vie et de temps à une autre, ce témoin les perçoit, les écoute et parfois, projette une courte pensée qui atteint certains de ces visiteurs. Où serait-ce le fruit de leur imagination ?

mercredi 12 mai 2010

Viser les cygnes

Hella S. Hasse, Actes Sud / Léméac 2002

Récit. La généalogie de l'auteur sous forme de petites histoires sur ses ancêtres. Je m'y suis perdue, ne reconnaissant pas facilement les noms. Des déductions et des faits s'y mélangent. L'originalité est d'être parti de ce petit carnet de bal qui portait un cygne. J'avoue m'être forcée pour le terminer. Je n'ai pas retenu chand chose mais c'était poétique. 

Un carnet de bal transmis de mère en fille est pour Hella S. Haasse le point de départ d'une plongée dans sa mémoire. Mais en évoquant ses deux grand-mères, ou d'autres membres de son arbre généalogique, c'est finalement son "art poétique" qu'elle dévoile, dans un récit émaillé de clins d'œil à son univers romanesque. Car sous nos yeux les souvenirs ou anecdotes de la réalité familiale se redéploient spontanément dans une brève et brillante fiction mettant en scène un jeune Australien qui vient de perdre son grand-père : en quête de racines, qu'il a rêvées aborigènes, il part faire une longue marche dans le bush.

Au gré de ses réminiscences, selon un fil directeur qui a pour emblème le cygne, l'écrivain interroge la part d'héritage collectif présidant à la formation de chaque individu, et la persistance du passé dont se nourrit secrètement chaque destinée humaine.

samedi 8 mai 2010

La maison aux papillons noirs

Leena Lander, Actes Sud 1995.

Superbe. Un garçcon est placé dans un centre d'éducation pour délinquants situé sur une île. Le directeur y fait régner une discipline rigide mais il a aussi une façon visionnaire d'éduquer ces durs èa cuire. Il décide de faire l'élevage de vers à soie. Au début du roman, on apprend déjà la mort de la vachère... Tranquillement, au fil des aller-retour dans le temps, les morceaux sont recollés. Ce n'est pas une enquête policière mais les indices se dévoilent comme dans un roman policier.

Impressionnant. Société, désir, vocation, culpabilité, rôles parentaux, secrets, trahisons, instinct de survie. Tout y est. Magnifiquement construit. 

Né dans une famille "à problèmes", Juhani grandit dans un centre d'éducation pour enfants délinquants sur l'île de Saari. Brutal, le directeur y fait régner la terreur. Utopique, il tente de transformer son domaine en jardin tropical, élevant des vers à soie dans l'espoir de splendides éclosions, symboles d'une possible rédemption…

Juhani se soumet à ce projet délirant et partage les fantasmes de tous à l'égard de la femme et des cinq filles du maître des lieux. Mais quand les papillons éclosent, ils sont frappés de mélanisme… Alors les passions se déchaînent jusqu'à la catastrophe.

Leena Lander raconte cette histoire de tyrannie, de désir, de culpabilité et de malédiction avec l'efficacité des maîtres du thriller.

dimanche 2 mai 2010

Comme si de rien n'était

Mazime Collins, Transit 2010. Son premier roman. Je l'ai peut-être déjà dit - et je le redirai certainement : j'aime lire un premier roman.

Quatre personnages - des mais d'enfance - racontent chacun le mois qui précède le rendez-vous de leurs retrouvailles à Montréal. Chacun s'efforce de recomposer un masque pour faire comme si de rien n'était, comme s'ils avaient réussi chacun de leur côté à vivre leurs rêves et ambitions... et surtout comme s'ils n'avaient pas changé.

Structure très intéressante, un style personnel qui promet. Profondeur étonnante. À dévorer certainement. Auteur à surveiller !

Le blogue de Maxime Collins
Fiche du roman chez l'éditeur